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Cours magistral (apprendre à disparaître à l’ère de la technique)

Je fus frappé, lors d’une conférence sur les enjeux du numérique dans l’enseignement supérieur il y a quelques années, par le propos d’un intervenant qui venait de présenter tous ces fabuleux sites de partage de connaissances : Ted, Khan academy…
« Avec tous ces sites, il ne servira bientôt plus à rien de suivre des études supérieures dans une université », proclamait fièrement l’intervenant à la fin d’une présentation qui ressemblait plus à la lecture de la liste de favoris de son navigateur web qu’à un véritable exposé.
Frappé aussi de lire dans le « petite poucette » de Michel Serres : « l’accès au savoir est désormais ouvert. D’une certaine manière, il est toujours et partout déjà transmis ».
Comme si mettre à disposition un contenu suffisait à ce qu’il soit assimilé.
Comme ça, sans effort ni motivation, ni de la part de l’enseignant, ni de la part de l’apprenant.
Pourtant, mettre à disposition de la connaissance, que ce soit sur une plateforme ou lors d’un cours, ne signifie en rien que celle-ci soit comprise, assimilée, mémorisée et exploitée.

Ni Dieu, ni Maître, mais Moi

Ce mythe de la connaissance déjà assimilée par défaut (car disponible partout et tout le temps, ce qui est faux), entretenu par des discours idéalistes mais aussi commerciaux, destitue en quelque sorte l’enseignant comme Maître pour le reléguer au statut de simple intermédiaire, ou pire d’animateur, perdant son rôle de médiation et de transmission de la connaissance.
Puisque la connaissance est partout, puisque les étudiants vérifient en cours que ce que dit l’enseignant est vrai sur wikipédia (personnellement, je n’ai jamais observé cette pratique dans l’enseignement supérieur, et je doute qu’elle soit courante dans le secondaire. Par ailleurs, ce mythe pré-suppose la connaissance comme vérité, et donc vérifiable, ce qui est également critiquable ), il ne reste plus à l’enseignant qu’à ‘ »apprendre à apprendre », belle formule pour une activité bien difficile à appréhender.
Sans faire de bruit, le discours marketing du web 2.0 a franchi les portes des écoles et des universités : culte de l’action et du faire, affirmation de soi, individualisation des processus, auto-référence plutôt que la référence à un modèle ou un Maître….on retrouve tout cela dans les nouvelles méthodes d’enseignement.
A la célèbre phrase de Woody Allen, « Dieu est mort, Marx est mort et moi-même, je ne me sens pas très bien… » nous pourrions ajouter  « Les parents ont démissionné, les enseignants ont été destitués, et moi, au centre de tout et de moi, je me sens pas très bien ».
Notre époque n’aime pas les maîtres ; la référence à un modèle rappelant sans doute -à tort- le culte de la personne propre aux pouvoirs fascistes que nous avons combattu et que nous combattons toujours dans nos sociétés démocratiques et libérales.

Soyez actifs. Et surtout montrez-le.

Mais alors, puisque la transmission de la connaissance n’est plus nécessaire, puisque la connaissance est partout et que l’enseignant n’est plus Maître, que faire dans la salle de classe dé-sanctuarisée ?
Rassurez-vous, il y a des gens qui réfléchissent à ça. Il y a même des marchands qui vendent de très bons produits. Et en plus, c’est très photogénique.
Oui, car le problème avec la transmission de la connaissance, c’est qu’elle nécessite que les étudiants écoutent (ou s’ennuient).
Il faut que les étudiants passent d’une situation passive à une situation active, vous comprenez c’est bien mieux pour eux.
Sauf que…
Sauf qu’un étudiant qui écoute, ou qui s’ennuie pendant un cours magistral n’est pas passif.
L’écoute, l’ennui, l’imagination constituent une activité.
La seule différence avec d’autres réside dans le fait qu’elles sont intérieures.
Mais notre époque, n’aime pas ce qui n’est pas visible….

De la classe à la crèche : la régression par la technologie

Pour faire agir les étudiants (ou du moins pour rendre visible leur actions), offrons leurs des jouets, des tablettes et des objets interactifs.
Bref, occupons-les pendant le cours, puisque l’enseignant n’est plus le Maître.
Avec un impératif : qu’ils soient toujours dans l’action, dans le « faire », le « produire » et le « construire ». 
Ne surtout pas laisser de place au vide, ou du moins à ce qui ne serait pas visible, comme l’ennui, le rêve, l’introspection ou l’imagination.
Faire agir les élèves ou étudiants, ne pas les laisser passifs, les occuper… Ça ne vous rappelle rien ?
Allez, je vous aide.
Faites l’expérience de taper la requête « salle de classe de classe du futur » dans google, et vous découvrirez : des salles, des murs et des sièges colorés, des étudiants par petits groupes autour d’une table, idéalement avec un objet (un jouet ?) entre les mains, et un enseignant qui touche (qui s’amuse ?) un tableau numérique interactif.
Visiblement, la classe du futur ressemble à une crèche, où l’ipad remplace la pâte à modeler et où le toucher (le digital) prédomine sur le penser.

Le diagnostic tombe, la thérapeutique suit

Oui, mais vous comprenez, cette génération qu’on nomme Y est malade : paraît-il que ces jeunes sont hyperconnectés, multitâches et très distraits, hyperactifs, incapable de se concentrer plus de 25 minutes.
Le diagnostic est sans appel. Il faut donc bien trouver des traitements, des thérapeutiques, et les objets interactifs sont pour cela très prometteurs.
Avec la fâcheuse impression, à l’instar de l’industrie pharmaceutique moderne, que ce n’est pas la maladie qui fait le médicament, mais l’inverse.
Le diagnostic a cela de pratique qu’il fait la maladie, la maladie a cela de pratique qu’elle fait le médicament. Le médicament a cela de pratique qu’il fait s’enrichir ceux qui le produisent.
Oui, les jeunes que l’on classe dans la génération Y sont plus volatiles et plus distraits que leurs parents, mais c’est simplement parce qu’ils utilisent davantage les outils que leurs parents ont commencé à utiliser un peu plus tard.
Il n’y a qu’à observer, dans le monde professionnel, les réunions dans lesquelles les quadra ou quinquagénaires, avec les mêmes outils que la génération Y (smartphone et laptop) ont exactement les mêmes comportements.
Cela signifie qu’il ne s’agit pas de comportements générationnels, mais d’une modification de nos comportements par les outils que nous utilisons.
Toute le monde peut faire plusieurs choses en même temps, mais nous savons très bien, grâce notamment à la psychologie positive, que nous ne pouvons pas tirer bénéfice de ce comportement, que ce soit d’un point de vue psychologique (impossibilité de bien vivre le moment présent, et donc d’être heureux) ou utilitariste (très faible capacité à mémoriser et à capitaliser les connaissances lorsqu’on est peu concentré).

Et si le problème n’était pas la maladie, mais la thérapeutique ?

J’ai longtemps cru que les objets ne transformaient pas les hommes, puisque ce sont les hommes qui les façonnent.
Mais, sans adhérer à un déterminisme technologique, il faut parfois reconnaître que les outils que nous créons nous transforment.
Comment ne pas reconnaître qu’une notification d’un mail sur outlook alors que l’on est en train de travailler sur un autre sujet, ou qu’une notification d’une application sur notre smartphone alors que nous discutons avec des amis
nous poussent à être distrait et non concentré sur notre activité du moment ?
Paradoxalement, ces outils qui nous promettent de rester connectés nous déconnectent sans cesse du présent.
Prenons conscience que lorsque nous autorisons les fameuses notifications lors de l’installation d’une application sur notre iphone (malheureusement toujours en opt-out), nous donnons le pouvoir à cette application de nous déranger, de nous déconnecter de notre présent pour une information qui n’a souvent aucun degré d’urgence.
Cela n’est pas du tout anodin.
De la même manière, comment ne pas reconnaître que les compteurs de j’aime, de retweets et d’abonnés nous poussent au narcissisme, à la mesure et à l’affirmation de soi ?

De l’utilité (et de la difficulté) à nager à contre-courant

De la même façon, alors qu’on décrit cette génération Y comme distraite et incapable de se concentrer, pourquoi leur donner des outils qui renforcent ce type de comportements ?
Sans doute par facilité. »Puisque les jeunes sont comme ça, donnons-leur ce qu’ils aiment. « .
Comme des parents qui renoncent à punir leurs enfants par peur de n’être plus aimés, on fait croire aux enseignants qu’ils doivent renoncer aux cours magistraux et aux anciennes méthodes pédagogiques, sous peine de n’être plus écoutés, et peut-être de n’être plus aimés.
Mais ce modèle n’est-il pas le degré zéro de l’éducation ?
Lorsque j’enseigne, je suis personnellement autant perturbé par des étudiants qui bavardent en cours que par des étudiants silencieux mais que je vois s’égarer sur facebook.
Au lieu de flatter des comportements que nous pensons peu épanouissants, pourquoi au contraire ne pas aller à l’encontre de cela, et  imposer ce que nous pensons être bon ?
Quitte à ce que cela soit plus dur, pour les enseignants comme pour les étudiants. Aller à l’encontre des tendances, surtout quand elles sont attractives et supposées être « d’avenir »,  est toujours plus difficile que de nager à contre-courant.
Quitte à ce que les étudiants soient contraints (quel horrible mot) à parfois se taire, à écouter, à bavarder ou à s’ennuyer.
Bref, donner un cours magistral.

Cours magistral 

Regardons la définition de l’adjectif magistral :
* Qui est le fait d’un maître, qui atteste de la maîtrise ; remarquable :Œuvre magistrale.
* Qui évoque le comportement solennel, doctoral, supérieur du maître ; docte : Un ton magistral.
* Familier. Exceptionnel par sa force, son importance, son audace magnifique : Réussir un coup magistral.
Cette définition peut nous paraître aujourd’hui totalement dépassé et archaïque.
Et si elle était au contraire résolument moderne ?
Un Maître, un instant solennel, de l’audace, de la force…N’est-ce pas de tout cela dont les élèves et étudiants ont aujourd’hui besoin ?
Plutôt que leur donner des jouets interactifs et les faire sans cesse agir, n’ont-ils pas besoin d’écouter (ou de ne pas écouter) un Maître qui puisse transmettre et surtout donner ?
Sans que le Maître soit surpuissant, sans que sa pensée soit vérité, mais qu’elle soit simplement une voix que l’élève ou l’étudiant est libre d’écouter ou ne pas écouter, une voie que l’étudiant est libre de suivre ou de ne pas suivre.
« Choisis un Maître, peu importe lequel, et obéis longtemps » écrivit Friedrich Nietzsche (1). Il y a dans cette idée deux éléments importants : la référence (qui n’est pas forcément soumission) à quelque-chose ou quelqu’un qui est plus grand que soi (supérieur), mais aussi et surtout le fait -et la capacité- d’être libre de le choisir. 

Remettre les outils à leur place 

Arrêtons aussi d’envisager les processus d’apprentissage uniquement par le biais des outils.
Les TICE, Technologies de l’Information et de la Communication pour l’Enseignement, doivent n’être qu’une des boîtes à outils, parmi d’autres, de la pédagogie.
J’enseigne depuis 4 ans dans le supérieur avec twitter, google drive et d’autres outils numériques (contribution à wikipédia…), pendant et en dehors des cours. Avec un -tout petit- recul lié uniquement à ma modeste expérience, je constate que l’utilisation de tels outils peut être efficace à certains moments de la progression pédagogique et dans certains contextes et projets.
Au final, nous n’avons certainement pas assez de recul pour évaluer correctement la pertinence et l’efficacité de ces nouveaux outils dans l’enseignement.
Replacer les outils à leur place, c’est les utiliser dans un objectif et contexte bien particulier, avec mesure et subtilité. 
L’accessibilité de la connaissance sur internet est formidable et grisante. Mais elle n’est rien si l’apprenant n’est pas capable d’effort et de motivation.
Il est passionnant d’écouter les travaux de Rolland Viau sur la motivation des étudiants (2), qui nous rappelle que pour apprendre, il faut certes le pouvoir, en avoir l’opportunité (cela est possible par l’accès massif, quoique non universel, à la connaissance) mais aussi vouloir, ce qui constitue un mécanisme plus complexe et profond, mais sur lequel l’enseignant et l’étudiant ont un grand rôle et une responsabilité qu’il faut prendre en compte.
Par ailleurs, il ne faudrait pas oublier le bonheur et l’épanouissement que procure l’acquisition et la mémorisation de connaissances et de compétences, et je ne suis pas certain qu’apprendre à apprendre procure le même plaisir.
Car de plaisir, il en est aussi question dans l’enseignement : plaisir d’apprendre pour l’étudiant, plaisir de faire apprendre pour l’enseignement, comme le décrit Rolland Viau.

De l’éloge du silence et de l’art de disparaître

Dans cette société qui prône l’action, sa mesure et son évaluation (quantified self), l’affirmation de soi par la visibilité et où dis-paraître équivaut à mourir, il est sans doute d’intérêt public de reconsidérer le rôle de la discrétion et de la disparition.
Comme le décrit Pierre Zaoui, cultiver l’art de disparaître, non comme un dogme ou comme une posture permanente, mais comme une jeu d’ombres et de lumières, par une alternance entre la scène et les coulisses (3).
Cet équilibre subtil que l’on pourrait trouver également dans l’enseignement, entre l’activité et le faire-faire par des outils, les discussions et enrichissements par des classes inversées et l’écoute plus solennelle du cours magistral.
Réhabilitons le pouvoir, la volupté et la beauté de nos activités non visibles : l’écoute, l’imagination, l’introspection, la compréhension.
Réhabilitons, à l’ère de la technique, ce qui nous semble peu utile : le questionnement, le doute, l’ennui.
Réhabilitons ce qui ne se compte pas, ce qui ne se voit pas ; cette agitation intérieure qui n’a pour seule manifestation extérieure que le silence.
Disparaître.
Peut-être aussi comme une façon de nous laisser acquérir la liberté de nous choisir un Maître, qu’il soit un enseignant, un père, une mère, un Dieu, un philosophe, un entrepreneur, une voie ou une idée.
Pour nous rappeler que nous ne sommes pas au centre du monde, et que notre propre disparition, celle de la mort, n’est pas si grave.
Disparaître un temps derrière quelque-chose ou quelqu’un de plus grand et de plus puissant que nous.
Simplement comme une façon de se retirer parfois de la scène, de laisser parler les autres.
Disparaître un moment, sans faire de bruit…
Simplement comme une façon d’aimer…

Références  :

(1) Friedrich Nietzsche, Par delà le bien et le mal, 1886
(3) Pierre Zaoui, la discrétion ou l’art de disparaître, Paris, Autrement, 2013

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Présentation « Éthique & réseaux sociaux » – Conférence Educpros #epconf

Je publie le diaporama et la retranscription de mon intervention à la conférence « réseaux sociaux », organisée par educpros (vendredi 11 mai à Paris). Merci à Educpros pour l’invitation et plus particulièrement à @maelleflot 😉

[Réseaux sociaux & éthique]

Enjeux et pratiques éthiques de l’utilisation des réseaux sociaux dans l’enseignement supérieur

Au menu :
1. Pratiques sur les réseaux sociaux dans les universités / écoles : réglementer ou former ? Chartes et guides « réseaux sociaux »
2. Quelles postures éthiques… …pour les community managers ? …pour tous ?
3. Comment sensibiliser en interne ? Retour d’expérience à l’UCLy

1.Chartes & guidelines- expliquer, interdire, former ?

Chartes et guidelines : origine
Sur ces nouveaux espaces d’échanges, coexistent différents comportements et pratiques Comme tout outil, les médias sociaux comportent des risques La prise de conscience de ces risques a généré des tentatives d’encadrement, de réglementation de la part de différentes structures, dont les universités
Création de chartes « médias sociaux » Chartes et guidelines
Plusieurs postures dans les chartes :
1.Expliquer les règles du jeu, le dispositif des outils utilisés par l’université / école
2.Réglementer, prévenir et interdire
3.Conseiller, former, sensibiliser

1. Une charte pour expliquer
Des chartes portées sur les outils et l’explication des activités des universités sur les différentes plateformes : Charte réseaux sociaux INSA Toulouse http://www.insa-toulouse.fr/_resources/institution/Charte_reseaux_sociaux.pdf Université de Limoges https://www.facebook.com/note.php?note_id=260495014016551
Une explicitation des « règles du jeu », d’un contrat de communication, dans lequel on définit :
– La finalité des échanges > Quel est le but des échanges, quels sont les objectifs de la communauté ? – L’identité des partenaires > Qui parle au nom de la marque, de la communauté ?
– Le propos > ligne éditoriale
– Le dispositif > Quelles sont les règles du jeu ?
(Patrick Charaudeau, Rodolphe Ghiglione )
Une justification des activités des universités / écoles : une forme de protection ? Expliciter un contrat de communication : la charte est-elle le bon support ?

2. Une charte pour encadrer et réglementer
D’autres chartes réglementent et encadrent les activités des étudiants sur les médias sociaux : ”Your personal social media account is not an appropriate place to distribute university News.” Social Media Policy – Seattle University http://www.seattleu.edu/marcom/Inner.aspx?id=53083

Une double injonction… Rejoignez notre communauté ! Aimez notre page ! Likez ! N’acceptez pas d’être en contact sur twitter avec votre enseignant ! N’utilisez pas le logo de l’université ! Verrouillez votre profil facebook !

Le problème des chartes trop coercitives

Comment espérer que les étudiants participent aux espaces sociaux crées par l’université /école si cette dernière réglemente et encadre trop cette participation ?

– Un frein au développement de la marque « université / école » sur les réseaux sociaux
– Le « Fantasme » de la génération Y Les étudiants ne maîtrisent pas toutes les fonctionnalités des médias sociaux « Si j’aime la page de mon école, elle va pouvoir voir mes photos et tout ce que je poste sur facebook »
– Quelle efficacité ? Interdire à un élève de suivre son enseignant sur twitter va-t-il être suivi d’effet ?
– Quelle légitimité ? Quelle valeur réglementaire / juridique porte une charte ?
Vis-à-vis des CGU des grandes plateformes (facebook, twitter, linkedin)
Vis-à-vis de la loi : Exemple : « Il est interdit de créer un groupe facebook avec le nom de l’école » > entrave à la liberté d’expression ?

– Les chartes trop coercitives sont parfois mises en œuvre suite à un dysfonctionnement, un problème : Mode réactif, répressif : un manque de vision ?

Ces chartes ne sont-elles pas un vieux réflexe de chercher à maîtriser la communication, sur des espaces et dans une époque ou cela n’est plus possible ?

3. Une charte pour conseiller et pour former

Solution : former, conseiller à travers une charte ?
Social media guidelines -DePaul University http://brandresources.depaul.edu/vendor_guidelines/g_recommendation.aspx

L’université va plus loin que :

– La justification de la manière avec laquelle elle utilise facebook, twitter – La réglementation des pratiques des étudiants Elle forme les étudiants à l’utilisation des réseaux sociaux, elle les aide à mieux appréhender ces outils

On passe de la réglementation à la pédagogie

Format « guide » « conseils »:

– Sont très génériques, ne rentrent pas dans le détail de l’utilisation de chaque outil (facebook, twitter)

– Des conseils, plus que des interdictions et justifications

– Une forte dimension pédagogique :

– Un cadre qui va plus loin que l’utilisation des réseaux sociaux par l’université, et qui porte sur l’utilisation des réseaux sociaux par chacun

– Beaucoup de notions éthiques, très peu de notions juridiques – Un format court et non soumis à signature

– Un « standard » à suivre ?

Mise en œuvre de chartes

La mise en œuvre une charte doit prendre en compte l’existant :

– Documents existants :
Charte d’utilisation des ressources informatiques
Charte d’établissement
Documents plus adaptés pour les points réglementaires, juridiques

Coordonner les actions avec les services concernés :
– TICE
– Communication
– DSI
– Direction
– Équipes pédagogiques
– Service juridique

2.Quelles postures éthiques ?

Éthique : « Partie de la philosophie qui envisage les fondements de la morale. » « Ensemble des principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu’un. » Morale « Ensemble de règles de conduite, considérées comme bonnes de façon absolue ou découlant d’une certaine conception de la vie »

L’éthique dans les réseaux sociaux, c’est quoi ?

Identifier des postures et pratiques éthiques dans l’animation des espaces sociaux Le « souci de l’autre » « care » = soin mutuel « Take care » : Avoir le souci de l’autre, faire attention aux autres

Éthique & Réseaux sociaux

1. Avoir le souci de l’autre

2. Avoir le souci de l’information

Chacun peut chercher à adopter des postures éthiques, en premier lieu les community managers qui doivent montrer l’exemple !

« Pour une éthique du community Management »

1. Avoir le souci de l’autre

– Essayer de ne pas offenser, ne pas blesser, ne pas dénigrer : Les autres personnes, qu’ils soient ou non sur les réseaux sociaux

– Ne pas dénigrer son université Distinction dénigrement / critique difficille

– Avoir le souci de la vie privée des autres (droit à l’image) En cas de doute, demander à la personne concernée !

– Proposer des informations de qualité

Dénigrement, critique ? « Cette école c de la m*** , les profs sont pourri, surtout n’y allait pa ! » Dénigrement ? > suppression ou signalement de la publication ? > Cette publication est-elle crédible ? « Je voudrais vous faire part de mon expérience en tant qu’étudiant à… J’ai trouvé dommage que… Je déplore également le manque de lien avec les entreprises » – Critique ? > répondre (en public Et en privé), mais ne pas le supprimer !

2. Avoir le souci de l’information

Bonnes pratiques :

– Citer la source
– Vérifier l’information
– Corriger les fautes
– Etre transparent
– Respecter la confidentialité de certaines informations
– Ne pas spammer Norme = opt-in actif
– Apporter de la plus value
– Citer la source, citer l’auteur

Éthique du Community Management
Avoir le souci de l’information :
-Vérifier la véracité
– Citer si possible la source, l’auteur
-Une information de qualité : Information adaptée à la cible Information non- redondante Information non- répétée
– Etre honnête, transparent
Sur les forums, intervenir sous sa « vraie » identité professionnelle (celle de community manager)

Problème des faux-avis Wikipédia : contenus très factuels

Au-delà de ces « fondamentaux », L’important n’est pas d’attribuer un label « éthique » ou « non-éthique » aux pratiques > approche manichéenne… Mais d’interroger nos pratiques sous cet angle éthique

Exemples :
– Tweeter 5 fois la même information, est-ce éthique ? A l’heure de l’infobésite, publier moins est-elle une pratique éthique ?
– Acheter des followers / fans, est-ce éthique ? Beaucoup traquent et s’offusquent de l’achat de followers en dénoncant des « fails »… Mais l’achat de fans est-il plus grave que l’achat mails pour du emailing ? « Dézinguer» des community managers en écrivant des billets de blogs dénonçant des « fails » n’est-il pas moins éthique ?

3.Comment sensibiliser en interne ?Retour d’expérience à l’UCLy
Les réseaux sociaux à l’UCLy
Une approche stratégique sur les réseaux sociaux

– Stratégie réseaux sociaux Arbitrage : choix d’investir certaines plateformes au détriment d’autres Pour chaque réseau social sélectionné : – Définition d’objectifs et de cibles -Ligne éditoriale spécifique -Indicateurs de mesure d’efficacité spécifiques

Réseaux sociaux à l’UCLy : sensibiliser en interne

1. Identifier et connecter les animateurs : – Création d’un groupe de travail avec les animateurs de communautés – Pas de cadre / contraintes pour les écoles / facultés mais plutôt une coordination des actions Information & coordination plutôt qu’encadrement et formatage des pratiques

2. Sensibiliser la direction : – Présentations en comité de direction – Validation de la stratégie par la direction

3. Sensibiliser l’ensemble des personnels (administratifs & enseignants) : – Organisation d’un colloque « réseaux sociaux » en octobre 2012 à Lyon, pour les 5 universités catholiques (UDESCA) – Former, sensibiliser les personnels

4. Former et sensibiliser, conseiller les étudiants – Travail sur une charte éthique « réseaux sociaux » UDESCA – Proposer des formations ?

Sensibiliser en interne / Conclusion

Sensibiliser la direction : Acquérir la légitimité dans la pratique professionnelle de ces outils Sensibiliser tous les acteurs : – Administratifs, enseignants Leur participation est un facteur de réussite des espaces et communautés…voire des étudiants dans leurs études ! Cf « Facebook is ‘social glue’ for university freshers » (University of Leicester)

– Étudiants : Former, conseiller > rôle pédagogique de l’université Charte « conseil » à visée pédagogique
+Sylvain Leauthier

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