Quand le visible n’est pas vu…

– « Et n’importe qui peut le voir, ça ? »
– « Oui, n’importe qui »

Peut-être vous a t’on déjà posé cette question, lorsque vous expliquiez à une personne peu au fait du web 2.0 comment fonctionnait facebook, twitter ou les blogs.

Vous avez raison de répondre « oui » : sur le web, nous pouvons partir du principe que beaucoup de contenus sont visibles, par « n’importe qui ».
Il faut simplement disposer d’un terminal (PC, tablette, smartphone,…), d’une connexion à internet et d’un navigateur web.

Mais il faudrait expliquer aussi que ce qui est visible n’est pas forcément vu.

Exemple avec une conversation sur twitter

Lorsque j’échange avec une autre personne sur twitter, cet échange est-il visible de « tout le monde » ?

De tout le monde, non.
Potentiellement, cet échange n’est visible que par les 2,4 milliards d’humains connectés à internet (1). Il n’est donc pas accessible à 4,6 milliards de personnes.

Et par qui cet échange sera t-il vu ?
Par les 2,4 milliard de personnes connectées à internet ? Évidemment non.
Par les 140 millions d’utilisateurs actifs (2) de twitter ? Certainement pas ; la personne avec qui j’échange et moi-même ne sommes pas assez célèbres !
Par mes 600 followers ? Non plus. Car seules les personnes qui me suivent et qui suivent la personne avec qui j’échange verront cet échange dans leur timeline.
Par les 5 ou 10 followers qui me suivent et qui suivent aussi cette personne ? Toujours pas ! Car certains d’entre eux ne seront pas connectés dans les heures qui suivent cet échange. Cet échange sera donc déjà trop ancien pour être affiché et lu, emporté par le tsunami de l’information.

Cet échange est visible par 2,4 milliards d’humains. Il ne sera vu que par 4 ou 5 personnes.

La visibilité : une réalité illusoire

Le « visible » est ce « qui est perceptible par la vue » (3), du latin visibilis (« que l’on peut voir« ).
Le visible comporte donc une notion de potentialité, un caractère virtuel (au sens strict du terme, c’est à dire « qui n’est qu’en puissance, qu’en état de simple possibilité (par opposition à ce qui est en acte)  » (3).
Le visible est donc la possibilité d’être vu. Le visible est virtuel, alors que ce qui est vu est réel.

La très grande visibilité des contenus publiés sur le web laisse à penser que le visible est un fait, une réalité, alors que la visibilité n’est qu’en état de simple possibilité.

Pour comprendre le web aujourd’hui, je crois qu’il est fondamental de comprendre la distinction entre ce qui est visible et ce qui est vu.
Appréhender cette complexité, c’est sans doute permettre un usage plus sain et plus serein de ces outils, que ce soit pour les individus ou les entreprises.

La forte visibilité nécessite une responsabilité

Comprendre que beaucoup de contenus publiés sur le web sont très visibles, cela impose une grande responsabilité : celle de respecter les autres, de respecter l’information, et de se respecter soi-même (4).
En effet, même si ce que je publie ne sera pas toujours vu, ou en tout cas peu relativement à la visibilité, il peut l’être à n’importe quel moment, à n’importe quel endroit.

Quand je vois que certains blogueurs dans mon domaine n’hésitent pas à publier des billets de blog pour dénoncer les soi-disant « fails de community managers » en balançant leur nom, prénom dans le titre du billet, et en expliquant quelle a été leur erreur fatale (avec un sens de l’analyse et de la déduction assez douteux) , je me dis que certains n’hésitent pas, pour asseoir leur e-réputation, à détruire celle des autres.
Certains ont bien assimilé la liberté d’expression, ils ont vraisemblablement plus de mal avec les notions d’éthique et de respect.

Même si certains contenus possèdent une visibilité circonscrite (mails, statut facebook, chat), la possibilité que différents acteurs (autorités, éditeurs des plateformes, black-hat hackers(5), ou même amis ;)) puissent le cas échéant accéder à ces contenus nécessite une certaine prudence et toujours ce sens de la responsabilité.
Il est donc certainement utile de partir du principe que tout contenu publié sur le web est très visible, ce qui nécessite que nous soyons responsables lorsque nous publions du contenu, qu’il s’agisse d’un tweet, d’un statut facebook, d’un billet ou commentaire de blog ou d’une page d’un site web.

Le fait que tout ne soit pas vu permet de relativiser et de dédramatiser nos usages

Mais comprendre que tous les contenus ne seront pas toujours vus, cela nous permet de démythifier la croyance que parce que c’est sur le web, cela aura de facto un puissant impact.

Pour les individus, cela permet donc de dédramatiser nos usages sur le web ; de ne pas partir du principe que ce que j’échange avec un ami et qui est visible sera vu par un nombre important de personnes. Cela permet aussi sans doute de désactiver la dimension narcissique qui est très présente sur les réseaux sociaux.
Voir mon billet « Facebook flatte le narcissisme et crée l’illusion d’être un people ».

Pour les entreprises qui utilisent les réseaux sociaux, cela permet de ne pas considérer ces outils comme un nouvel eldorado ; récemment, sur un site d’agence web, j’ai vu l’accroche « aujourd’hui, avec 140 caractères, on peut faire une révolution « . La réalité est sans doute un peu plus complexe….
De la même manière, annoncer un événement sur twitter à ses 2000 followers ne signifie pas que 2000 personnes liront cette information, et encore moins qu’elles se rendront à cet événement.

La mise en scène de l’information, le moment ou l’on publie sont aussi important que le message lui-même.

Quand ce qui est visible ne peut être vu…

Enfin, il ne faut pas oublier que nous n’avons finalement que peu de retour sur qui a lu notre contenu et quand.
La plupart des outils de web analaytics  ne font que compter des clics, des chargements d’URL ou d’images.
Ces outils sont capables de mesurer certaines activités : l’acte d’achat, l’intérêt pour un sujet donné, la validation de formulaires ou de données saisies sont facilement identifiés et traités par des algorithmes. Ils peuvent également permettre de prédire les comportements des internautes (reality mining).
Mais l’acte de lecture est plus complexe à identifier, tout comme l’influence (6).

Certes, les administrateurs ont accès aux fichiers de logs, les webmasters aux outils de web analytics, les animateurs de compte de réseaux sociaux aux « social dashboards ».
Mais impossible de savoir au final si un statut facebook ou un texte sur une page web a réellement été lu, même si certains dispositifs permettent d’avoir certains indications (pour les sites : heat map, tracking du scroll, ou encore eye tracking).
Sur les réseaux sociaux, les interactions visibles (nombre de commentaires, de « like » de « retweet ») offrent certes un certain niveau de feedback, mais ils ne sont que la partie visible de la façon dont est consommée une information.

Parallèlement, et contrairement à des contextes de communication orale, le web social ne permet pas de communication non verbale, même si on pourrait discuter du fait que le smiley soit un élément de communication non-verbale.

L’absence de feedback non-verbal dans les échanges interpersonnels sur le web prive l’émetteur d’un message d’une partie du feedback, coupant en quelque sorte la boucle de rétroaction décrite par Norbert Wiener (7).
Il nous manque notamment ce feedback régulateur au moment ou l’on prend la parole sur le web, ou l’on sort des coulisses pour entrer sur scène (8), contrairement à un contexte d’échanges ou des personnes sont réunis physiquement dans lequel nous avons un feedback (para-verbal notamment) avant et pendant la prise de parole.
C’est sans doute ce qui pourrait expliquer le côté désinhibant des réseaux sociaux.

Il faut aussi souligner un problème sémantique dans les outils statistiques : Klout prétend mesurer « l’influence » alors qu’il ne fait que comptabiliser des interactions, Google analytics prétend mesurer le « nombre de pages vues » alors qu’il ne fait que comptabiliser le nombre de pages chargées, les outils de tracking des emails prétendent mesurer des « taux de lecture » alors qu’ils ne font que comptabiliser le chargement des images des newsletters. Il serait temps de revoir la terminologie de ces fonctionnalités.

Nous ne pouvons pas vraiment prédire qui lira ce que l’on publie et quand, et nous ne le saurons pas forcément.
Prendre en considération cela, c’est au final accepter une incertitude, celle du devenir de ce que l’on publie, et accepter également de la faiblesse du feedback en comparaison avec la portée de nos publications.
Ce qui est visible n’est pas forcément vu, et ce qui est vu n’est donc pas forcément visible.

– « Et n’importe qui peut le voir, ça ? »

– « Oui, n’importe qui peut voir ce contenu. Mais en réalité, peu de monde le verra vraiment. Et je ne saurai pas forcément qui et quand. »

– « Un peu comme une bouteille à la mer ? »

– « Oui, un peu comme une bouteille à la mer »

(1) Source : ITU (International Telecommunication Union) http://www.itu.int/ITU-D/ict/statistics/

(2) Source : twitter http://blog.twitter.com/2012/03/twitter-turns-six.html

(3) Dictionnaire Larousse

(4) Éthique et réseaux sociaux – voir ma présentation à la conférence educpros

(5) Les « black hat hackers« , ou « crackers » sont des pirates informatiques. Il se différencient des « white hat » hackers qui innovent, détournent ou contournent des usages informatiques sans volonté ni action de nuire.

(6) Voir mon billet « Les influglandeurs, pour désenfler leur chevilles, retirez le klout »

(7) WIENER (Norbert), Cybernetics or control and communication in the animal and the machine, 1948

(8) GOFFMAN (Erving), La Mise en scène de la vie quotidienne, t. 1 La Présentation de soi, Éditions de Minuit, 1973

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Présentation « Éthique & réseaux sociaux » – Conférence Educpros #epconf

Je publie le diaporama et la retranscription de mon intervention à la conférence « réseaux sociaux », organisée par educpros (vendredi 11 mai à Paris). Merci à Educpros pour l’invitation et plus particulièrement à @maelleflot 😉

[Réseaux sociaux & éthique]

Enjeux et pratiques éthiques de l’utilisation des réseaux sociaux dans l’enseignement supérieur

Au menu :
1. Pratiques sur les réseaux sociaux dans les universités / écoles : réglementer ou former ? Chartes et guides « réseaux sociaux »
2. Quelles postures éthiques… …pour les community managers ? …pour tous ?
3. Comment sensibiliser en interne ? Retour d’expérience à l’UCLy

1.Chartes & guidelines- expliquer, interdire, former ?

Chartes et guidelines : origine
Sur ces nouveaux espaces d’échanges, coexistent différents comportements et pratiques Comme tout outil, les médias sociaux comportent des risques La prise de conscience de ces risques a généré des tentatives d’encadrement, de réglementation de la part de différentes structures, dont les universités
Création de chartes « médias sociaux » Chartes et guidelines
Plusieurs postures dans les chartes :
1.Expliquer les règles du jeu, le dispositif des outils utilisés par l’université / école
2.Réglementer, prévenir et interdire
3.Conseiller, former, sensibiliser

1. Une charte pour expliquer
Des chartes portées sur les outils et l’explication des activités des universités sur les différentes plateformes : Charte réseaux sociaux INSA Toulouse http://www.insa-toulouse.fr/_resources/institution/Charte_reseaux_sociaux.pdf Université de Limoges https://www.facebook.com/note.php?note_id=260495014016551
Une explicitation des « règles du jeu », d’un contrat de communication, dans lequel on définit :
– La finalité des échanges > Quel est le but des échanges, quels sont les objectifs de la communauté ? – L’identité des partenaires > Qui parle au nom de la marque, de la communauté ?
– Le propos > ligne éditoriale
– Le dispositif > Quelles sont les règles du jeu ?
(Patrick Charaudeau, Rodolphe Ghiglione )
Une justification des activités des universités / écoles : une forme de protection ? Expliciter un contrat de communication : la charte est-elle le bon support ?

2. Une charte pour encadrer et réglementer
D’autres chartes réglementent et encadrent les activités des étudiants sur les médias sociaux : ”Your personal social media account is not an appropriate place to distribute university News.” Social Media Policy – Seattle University http://www.seattleu.edu/marcom/Inner.aspx?id=53083

Une double injonction… Rejoignez notre communauté ! Aimez notre page ! Likez ! N’acceptez pas d’être en contact sur twitter avec votre enseignant ! N’utilisez pas le logo de l’université ! Verrouillez votre profil facebook !

Le problème des chartes trop coercitives

Comment espérer que les étudiants participent aux espaces sociaux crées par l’université /école si cette dernière réglemente et encadre trop cette participation ?

– Un frein au développement de la marque « université / école » sur les réseaux sociaux
– Le « Fantasme » de la génération Y Les étudiants ne maîtrisent pas toutes les fonctionnalités des médias sociaux « Si j’aime la page de mon école, elle va pouvoir voir mes photos et tout ce que je poste sur facebook »
– Quelle efficacité ? Interdire à un élève de suivre son enseignant sur twitter va-t-il être suivi d’effet ?
– Quelle légitimité ? Quelle valeur réglementaire / juridique porte une charte ?
Vis-à-vis des CGU des grandes plateformes (facebook, twitter, linkedin)
Vis-à-vis de la loi : Exemple : « Il est interdit de créer un groupe facebook avec le nom de l’école » > entrave à la liberté d’expression ?

– Les chartes trop coercitives sont parfois mises en œuvre suite à un dysfonctionnement, un problème : Mode réactif, répressif : un manque de vision ?

Ces chartes ne sont-elles pas un vieux réflexe de chercher à maîtriser la communication, sur des espaces et dans une époque ou cela n’est plus possible ?

3. Une charte pour conseiller et pour former

Solution : former, conseiller à travers une charte ?
Social media guidelines -DePaul University http://brandresources.depaul.edu/vendor_guidelines/g_recommendation.aspx

L’université va plus loin que :

– La justification de la manière avec laquelle elle utilise facebook, twitter – La réglementation des pratiques des étudiants Elle forme les étudiants à l’utilisation des réseaux sociaux, elle les aide à mieux appréhender ces outils

On passe de la réglementation à la pédagogie

Format « guide » « conseils »:

– Sont très génériques, ne rentrent pas dans le détail de l’utilisation de chaque outil (facebook, twitter)

– Des conseils, plus que des interdictions et justifications

– Une forte dimension pédagogique :

– Un cadre qui va plus loin que l’utilisation des réseaux sociaux par l’université, et qui porte sur l’utilisation des réseaux sociaux par chacun

– Beaucoup de notions éthiques, très peu de notions juridiques – Un format court et non soumis à signature

– Un « standard » à suivre ?

Mise en œuvre de chartes

La mise en œuvre une charte doit prendre en compte l’existant :

– Documents existants :
Charte d’utilisation des ressources informatiques
Charte d’établissement
Documents plus adaptés pour les points réglementaires, juridiques

Coordonner les actions avec les services concernés :
– TICE
– Communication
– DSI
– Direction
– Équipes pédagogiques
– Service juridique

2.Quelles postures éthiques ?

Éthique : « Partie de la philosophie qui envisage les fondements de la morale. » « Ensemble des principes moraux qui sont à la base de la conduite de quelqu’un. » Morale « Ensemble de règles de conduite, considérées comme bonnes de façon absolue ou découlant d’une certaine conception de la vie »

L’éthique dans les réseaux sociaux, c’est quoi ?

Identifier des postures et pratiques éthiques dans l’animation des espaces sociaux Le « souci de l’autre » « care » = soin mutuel « Take care » : Avoir le souci de l’autre, faire attention aux autres

Éthique & Réseaux sociaux

1. Avoir le souci de l’autre

2. Avoir le souci de l’information

Chacun peut chercher à adopter des postures éthiques, en premier lieu les community managers qui doivent montrer l’exemple !

« Pour une éthique du community Management »

1. Avoir le souci de l’autre

– Essayer de ne pas offenser, ne pas blesser, ne pas dénigrer : Les autres personnes, qu’ils soient ou non sur les réseaux sociaux

– Ne pas dénigrer son université Distinction dénigrement / critique difficille

– Avoir le souci de la vie privée des autres (droit à l’image) En cas de doute, demander à la personne concernée !

– Proposer des informations de qualité

Dénigrement, critique ? « Cette école c de la m*** , les profs sont pourri, surtout n’y allait pa ! » Dénigrement ? > suppression ou signalement de la publication ? > Cette publication est-elle crédible ? « Je voudrais vous faire part de mon expérience en tant qu’étudiant à… J’ai trouvé dommage que… Je déplore également le manque de lien avec les entreprises » – Critique ? > répondre (en public Et en privé), mais ne pas le supprimer !

2. Avoir le souci de l’information

Bonnes pratiques :

– Citer la source
– Vérifier l’information
– Corriger les fautes
– Etre transparent
– Respecter la confidentialité de certaines informations
– Ne pas spammer Norme = opt-in actif
– Apporter de la plus value
– Citer la source, citer l’auteur

Éthique du Community Management
Avoir le souci de l’information :
-Vérifier la véracité
– Citer si possible la source, l’auteur
-Une information de qualité : Information adaptée à la cible Information non- redondante Information non- répétée
– Etre honnête, transparent
Sur les forums, intervenir sous sa « vraie » identité professionnelle (celle de community manager)

Problème des faux-avis Wikipédia : contenus très factuels

Au-delà de ces « fondamentaux », L’important n’est pas d’attribuer un label « éthique » ou « non-éthique » aux pratiques > approche manichéenne… Mais d’interroger nos pratiques sous cet angle éthique

Exemples :
– Tweeter 5 fois la même information, est-ce éthique ? A l’heure de l’infobésite, publier moins est-elle une pratique éthique ?
– Acheter des followers / fans, est-ce éthique ? Beaucoup traquent et s’offusquent de l’achat de followers en dénoncant des « fails »… Mais l’achat de fans est-il plus grave que l’achat mails pour du emailing ? « Dézinguer» des community managers en écrivant des billets de blogs dénonçant des « fails » n’est-il pas moins éthique ?

3.Comment sensibiliser en interne ?Retour d’expérience à l’UCLy
Les réseaux sociaux à l’UCLy
Une approche stratégique sur les réseaux sociaux

– Stratégie réseaux sociaux Arbitrage : choix d’investir certaines plateformes au détriment d’autres Pour chaque réseau social sélectionné : – Définition d’objectifs et de cibles -Ligne éditoriale spécifique -Indicateurs de mesure d’efficacité spécifiques

Réseaux sociaux à l’UCLy : sensibiliser en interne

1. Identifier et connecter les animateurs : – Création d’un groupe de travail avec les animateurs de communautés – Pas de cadre / contraintes pour les écoles / facultés mais plutôt une coordination des actions Information & coordination plutôt qu’encadrement et formatage des pratiques

2. Sensibiliser la direction : – Présentations en comité de direction – Validation de la stratégie par la direction

3. Sensibiliser l’ensemble des personnels (administratifs & enseignants) : – Organisation d’un colloque « réseaux sociaux » en octobre 2012 à Lyon, pour les 5 universités catholiques (UDESCA) – Former, sensibiliser les personnels

4. Former et sensibiliser, conseiller les étudiants – Travail sur une charte éthique « réseaux sociaux » UDESCA – Proposer des formations ?

Sensibiliser en interne / Conclusion

Sensibiliser la direction : Acquérir la légitimité dans la pratique professionnelle de ces outils Sensibiliser tous les acteurs : – Administratifs, enseignants Leur participation est un facteur de réussite des espaces et communautés…voire des étudiants dans leurs études ! Cf « Facebook is ‘social glue’ for university freshers » (University of Leicester)

– Étudiants : Former, conseiller > rôle pédagogique de l’université Charte « conseil » à visée pédagogique
+Sylvain Leauthier

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Présentation « Community Management 101 » au www2012 – Lyon

Je publie les slides et la retranscription de ma présentation « Community Management 101 » durant la conférence www2012 (Lyon – avril 2012).
Merci à l’organisation du #www2012 et plus particulièrement à @desbenoit pour l’invitation 😉

Qu’est ce qu’une communauté ?
 « Un ensemble de personnes unies par des liens d’intérêts, des habitudes communes, des opinions ou des caractères communs. » (Définition Larousse).
Deux éléments importants dans cette définition :  la communauté n’existe que par ses membres, et par les liens qui les unissent.


« Communauté », un terme surexploité
Une entreprise, une marque, n’est pas une communauté.

Toutes les marques ne portent pas un intérêt commun capable de fédérer une communauté.
Créer une communauté quand on est une PME de fournitures de bureau a t-il un sens ?

Au contraire, certains domaines sont naturellement très « communautaires » :
– Éducation : écoles et universités
– Loisirs : sports , voyages, jeux

Un réseau social, une page facebook, un compte twitter, ne sont pas des communautés.
Un groupe, une page, une plateforme de réseau social est un espace sur lequel peut se rassembler une communauté

Des espaces plus ou moins « communautaires »
Espaces communautaires :
– Groupes linkedIn, viadéo, facebook
– Réseaux sociaux d’entreprise (RSE)
– Forums de discussion
– Groups for schools (facebook)

Espaces non communautaires :
– Page facebook
– Page Google+

Et twitter ?
Outil non conçu pour la gestion de communauté mais qui possède par l’usage une forte dynamique communautaire.

Comment identifier les espaces communautaires ?
Dans les espaces communautaires,
La communauté n’est pas un émetteur de communication.
Seuls les membres, animateurs ou administrateurs peuvent s’exprimer.

La communauté ne possède pas d’entité propre, car elle est la somme des membres qui la composent.

Peut-on vraiment animer une communauté avec une page facebook ?
La page facebook fonctionne très souvent sur des interactions verticales :
– Page > fans
– Fan > page
Souvent peu d’interactions transversales !
– Fan > fans
– Quand un fan publie sur une page, les autres fans ne sont pas notifiés
Suppression de l’onglet « discussion » sur les pages

« Community Manager » ou « social media manager » ?
Sur des espaces peu communautaires, la personne qui gère l’espace est en « back-office »
Un travail d’animation d’espaces et de contenus, plus que d’animation de communautés :
– Publication de contenu (Une mission de communication)
– Gestion des échanges et interactions avec les membres / utilisateurs (Une mission de relation-client, un point d’entrée de l’entreprise)

Une fonction de « social media manager » plus que de « community manager ».

Sur des espaces plus communautaires,
La personne qui gère la communauté est en « front-office » ; elle publie en son nom.
Il s’agit d’un travail d’animation, de « management » d’un groupe :
Un véritable travail de « Community manager », qui :
– Est un lien entre les membres
– Est avant tout au service des membres
– A plus une posture de facilitateur que de leader ou d’influenceur

Les groupes, espaces communautaires

Community Manager : gérer des contenus…et des relations
Un chargé des relations publiques, gère des relations et des contacts (relationnel).
Un webmaster gère un site et des contenus (fonctionnel et éditorial).
Le Community Manager est à la croisée de ces deux métiers : il gère une plateforme (fonctionnel), des contenus (éditorial) et des relations (relationnel).

Missions-clés du community management :

1. Recruter des nouveaux membres :
Promouvoir l’espace et / ou la communauté à l’extérieur

2. Faire comprendre :
Expliquer aux membres quel est l’objectif de la communauté et comment ils peuvent contribuer

3. Faire vivre la communauté, faire participer :
Engager et orienter les conversations
Etre un support, une aide pour les membres

Préalable : paramétrage de la plateforme

1. Recruter des nouveaux membres :
Je veux avoir le plus de membres / followers possible
Quelle est la cible de mon espace ou de ma communauté ?
> Diriger la promotion vers cette cible

Au plus une stratégie de recrutement sera ciblée, au plus la communauté sera riche et solide

Comment faire grandir sa communauté ?
– Relationnel :
Tous les membres d’une communauté, le Community Manager y compris, sont des vecteurs potentiels de promotion

– Supports de promotion offline : soyez créatif !
Il faut choisir un point d’entrée web : site web, plateforme sociale ?

– Supports de promotion online
Importance majeure des « Follow tools » sur les sites web.
Intégration sur les pages d’accueil des sites web
Il est important de bien les séparer des « Sharing tools »

– « Rejoignez notre communauté !  »

– « Oui mais pour quoi faire ? »

2. Faire comprendre
On oublie souvent cette mission essentielle dans le community management

Fixer un cadre , expliciter un « contrat de communication » (Patrick Charaudeau, Rodolphe Ghiglione ) :
La finalité des échanges > Quel est le but des échanges, quels sont les objectifs de la communauté ?
L’identité des partenaires > Qui parle au nom de la marque, de la communauté ?
Le propos > ligne éditoriale
Le dispositif > Quelles sont les règles du jeu ?
Et de le communiquer !

Plateformes dédiés : une adhésion plus contraignante (retenir l’URL, se créer des identifiants,  remplir sa fiche, paramétrer son profil, apprendre les outils et usages de la plateforme).
> Plateformes dédiés : un besoin d’expliciter un contrat de communication

3. Faire vivre la communauté, faire participer :
– Engager les conversations
– Publier de nouveaux sujets, des photos,…
– Répondre aux questions
– Relancer les conversations, les questions qui n’ont pas obtenu de réponses
– Encourager les membres à participer

Le community manager a souvent plus une mission de support, d’aide qu’une posture d’influenceur

Pourquoi échangeons-nous sur les réseaux sociaux ?
3 raisons pour lesquelles les membres des forums de discussion partagent de l’information (Peter Kollock) :
1. On échange et on partage parce qu’on attend en retour que les autres membres de la communauté fassent de même (don / contre-don)
2. On échange par besoin de reconnaissance publique (cf Dominique Cardon)
3. On échange pour « compter », pour construire quelque chose, se sentir « efficace »

– On échange et partage pour « faire savoir » (but altruiste et journalistique : « les autres membres doivent savoir »)

Typologie des postures des membres d’une communauté :
Les membres d’une communauté n’ont pas tous la même implication (par ordre quantitatif décroissant) :
– Membres
– Lecteurs
– Commentateurs
– Créateurs de contenus
– Animateurs
– Administrateur

– Les trolls sont souvent dans la posture de « commentateur »

L’implication n’est pas figée :
Un membre inactif peut devenir actif, un membre actif peut devenir animateur.
Il s’agit plus de postures que de personnalités.

L’enjeu du paramétrage
Paramétrer les droits de publications :
Enjeu : encourager la publication, la création de contenu tout en conservant un certain degré de maîtrise
Paramétrer les notifications par défaut :
Enjeu : faire revenir les membres sur la plateforme sans les surcharger de notifications mails

Le paramétrage n’est pas figé, il peut évoluer
Mais n’oubliez pas d’en informer les membres !
> Changement des règles du jeu (dispositif)

L’enjeu des notifications mail
Les utilisateurs d’un réseau social, les membres d’une communauté ne sont pas toujours connectés.

Cela va affecter l’audience, mais aussi l’engagement.

Enjeu : les faire revenir sur la plateforme
Principal outil : email
– Newsletter (exemple Newsletter BtwinCLub)
– Notifications

L’emailing, fonctionnalité-clé d’un réseau social.
On a tendance à opposer les réseaux sociaux et l’emailing. En fait les deux outils sont complémentaires. Le mail est un outil puissant de participation et d’implication des membres d’une communauté.

Le Community Manager devra :
– Paramétrer les notifications par défaut
– Aider les membres à affiner leurs paramètres personnalisés de notification
Enjeu : que les membres soient informés de l’activité de la communauté sans être surchargés de notifications

Notification riche ou non ?
Dans les notifications riches, le contenu de la publication est dans le mail.
Dans les notifications non-riches, seul le titre de la publication est dans le mail. L’utilisateur doit cliquer vers la plateforme pour lire la suite.
Les notifications non-riches :
– Augmentent la participation (oblige les membres à revenir sur la plateforme)
– Le taux de lecture n’augmente pas forcément mais il est plus précisément quantifiable
– Le titre de la publication est essentiel
Checklist « nouveau membre »
 Lui souhaiter la bienvenue !
 L’annoncer et le présenter aux autres membres
 Lui rappeler l’objectif de la communauté et des échanges
 L’informer sur les pratiques, les usages et les outils
 L’informer sur la possibilité d’affiner ses paramètres de notifications
 L’inviter à participer !

 

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Foursquare pour les entreprises : Claim your venue, but don’t feed the Mayor !

Peu d’entreprises françaises utilisent Foursquare.

Certes, la plateforme n’a pas le même impact que facebook ou twitter en terme de nombre d’utilisateurs et de temps d’utilisation.
Pourtant, Foursquare peut s’avérer un excellent outil de création de trafic sur des points de vente et de fidélisation pour certaines entreprises (notamment les boutiques), sur une cible bien spécifique.
D’autre part, il y existe plusieurs niveaux d’utilisations, de la plus basique (et que toute entreprise pourrait mettre en œuvre) à la plus complète (destinée à des secteurs bien spécifiques).
Revue de détails.

Foursquare, c’est quoi ?

Une application mobile de géolocalisation et de jeu, née à New-York en 2009.
Le principe : indiquer à nos amis Foursquare le lieu dans lequel on se trouve, grâce au « chek-in ».
L’utilisateur partage donc le lieu dans lequel il se trouve, avec la possibilité d’associer au checkin un commentaire, une photo ou un conseil.
L’application est disponible sur Iphone, Symbian, Android, Windows mobile, Blackberry, Palm.

A quoi ça sert ?

– Se retrouver avec des amis ou des contacts
– Rencontrer de nouvelles personnes
– Obtenir des conseils sur un lieu ou des offres spéciales dans une boutique
– Jouer ! Foursquare reste avant tout un jeu, et c’est la première raison pour laquelle on utilise foursquare.
La partie « gamification » comporte deux notions : le mayorship et les badges. La personne qui checke le plus à un endroit devient le Maire du lieu (le fameux « mayorship »).
Les utilisateurs peuvent débloquer des badges, liés à des thématiques ou à des événements.
Comme tout réseau social, il est nécessaire d’avoir un minimum de contacts, mais aussi d’activité, pour percevoir l’intérêt de cette application.

Qui utilise Foursquare en France ?

Le nombre d’utilisateurs en France est -à ma connaissance- inconnu, mais une intéressante étude d’octobre 2011 a dressé une typologie des utilisateurs en France : moins de 30 ans, habitant dans les grandes agglomérations, étudiant ou cadre, déjà présent sur d’autres plateformes sociales.
Voir l’étude complète ici : http://enquete-foursquare.ntmy.fr/

Dois-je utiliser Foursquare pour mon entreprise et si oui comment ?

Difficile de répondre par oui ou par non, car il y a plusieurs utilisations de Foursquare pour une entreprise, de la plus basique à la plus complète.
Je vais donc m’efforcer de vous les détailler ici !


1. Revendiquer ses lieux (venues) : toutes les entreprises devraient le faire !

Pour une entreprise, la première utilisation de Foursquare est « revendiquer » son ou ses lieux.
Cette action confère plusieurs avantages :
– Vous « maîtrisez » votre lieu, et vous pouvez modifier ses informations (en cas d’erreur sur l’adresse par exemple)
– Vous avez accès aux statistiques des checkin sur votre lieu
– Si vous voulez aller plus loin en proposant des offres, avoir revendiqué un lieu est la condition préalable.
 
Je pense que toutes les entreprises, y-compris celles qui ne souhaitent pas aller plus loin en proposant  des offres, devraient revendiquer leurs lieux.
Cela prend 5 minutes, ne coûte rien ; cela permet d’avoir une visibilité sur ses lieux, mais aussi peut-être de mieux considérer cet espace d’expression dans la veille sur son entreprise : en effet, les utilisateurs de Foursquare peuvent publier des conseils sur vos lieux, visibles par tous les utilisateurs qui checkent sur le lieu ou dans les alentours : ces publications sont donc à intégrer à votre veille !
Par ailleurs, les statistiques de checkin vous fournissent des informations intéressantes sur les utilisateurs qui ont checké sur vos lieux :
– Nombre de checkin, de nouveaux checkins
– Sexe, tranche d’âge, partage du check-in sur les réseaux sociaux
Attention, il ne faut pas extrapoler cette typologie de cible : elle ne concerne que les utilisateurs de Foursquare, et ne sera donc qu’une partie de vos cibles.
Statistiques des lieux sur Foursquare : possibilité de voir le nombre de checkins, de nouveaux checkins, la répartition par ses, classe d'âge
Pour revendiquer un lieu, Foursquare propose, sur sa version web uniquement, un bouton « claim this venue » (à droite du lieu quand on affiche la page du lieu).
Personnellement, je n’ai jamais réussi à revendiquer un lieu par ce biais.
Je vous conseille plutôt de passer directement par le support, en créant un ticket : http://support.foursquare.com/requests/new
J’ai utilisé cette méthode qui a parfaitement fonctionné, avec une très bonne réactivité de la part du support Foursquare.
Si votre lieu n’existe pas encore sur Foursquare, il faudra bien évidemment le créer, avant de le revendiquer. Tous les utilisateurs peuvent créer des lieux.
Si votre lieu existe en double, vous pouvez en signaler un (idéalement le moins utilisé) comme doublon.


2. Proposer des « specials » : un outil spécifique pour les boutiques et les établissements accueillant du public

Special de l'Opéra de LyonSi toutes les entreprises possèdent un intérêt à revendiquer leurs lieux, l’utilisation des campagnes « specials » constitue au contraire un marché de niche.
Pour faire simple, si votre entreprise possède des points de vente ou des lieux acceuillant du public et que sa (ou une partie de sa) clientèle ou cible est proche du public Foursquare (cf étude), il y a un intérêt.
Si vous travaillez pour une mercerie dans le Cantal ou un site de traitement de déchet nucléaire, l’intérêt est moins évident, mais bon, vous pouvez aussi faire preuve d’audace !
Mais si vous êtes une boutique dans une moyenne ou grande ville, un établissement culturel, une école ou université, vous pouvez tout à fait utiliser Foursquare pour différents objectifs que je vais détailler. 
Une campagne consiste à offrir des avantages (specials) aux personnes qui checkent sur vos lieux, sur une période définie.
Vous avez donc 3 éléments à définir :
1. Quand ?
La durée de la campagne, sa date de début et date de fin. Ce réglage peut aller jusqu’à l’heure, ce qui est intéressant pour des événements particuliers (soldes,…).
1. Quoi ?
Le special, autrement dit l’avantage. Cela peut être :
– une réduction sur un produit, une gamme de produit (menus dans les restaurants) ou sur toute la boutique
– un cadeau, un goodies
– un jeu concours (Hugo Boss a expérimenté cette utilisation)
2. Pour qui ?
Il faut maintenant définir à qui vous allez offrir le special ; c’est là que cela devient intéressant, car vous allez pouvoir adapter le special en fonction de vos objectifs commerciaux (attirer des nouveaux clients ou fidéliser).
– Offrir le special au  Mayor (mayor special) > vous avez une approche qui avantage théoriquement vos meilleurs clients, les plus fidèles.
Le problème : le fait qu’il soit possible sur foursquare de checker sans être vraiment sur un lieu et la course au mayorship qu’il existe sur beaucoup de lieux fait que souvent les mayors…ne sont pas forcément les clients les plus fidèles. Cela est particulièrement vrai pour les lieux de forte notoriété (Grand restaurant, université, lieu culturel majeur,…)
Même si Foursquare a annoncé récemment qu’il allait « destituer » les maires soupçonnés d’être des « serials checkers (ou « serial-tricheurs »), il parait difficille d’éviter cet écueil.
Offrir des avantages au mayor n’est donc sans doute pas la meilleure approche.
 
– Offrir le special aux personnes qui checkent plus de X fois sur une période donnée (loyalty special) > approche fidélité
Dans ce cas, vous avez une approche fidélité, qui encourage les clients à revenir sur votre point de vente ou votre lieu
 – Offrir le special aux personnes qui checkent pour la première fois (newbie special) > approche notoriété et création de trafic
Dans ce dernier cas, vous avez une approche qui permet attirer de nouveaux clients.
Même si un utilisateur ne connait pas votre lieu ou boutique, ce dernier va s’afficher dans la liste des lieux proches avec un badge special orange, bien distinctif et assez rare encore pour être très visible.
Bien évidemment, vous pouvez combiner ces plusieurs approches.
Le meilleur cas d’école en France est la chaîne de restauration Flunch, qui a crée sur Foursquare les lieux des ses 232 restaurants en France, et a combiné les trois approches :
– 1 café offert au 1er checkin
– 50% sur le deuxième plat chaud au bout du 3ème checkin
– Tous les plats à 5 euros pour le Mayor
En proposant ces différentes approches, Flunch travaille à la fois sur la création de nouveau trafic dans ses restaurants, sur la fidélisation, tout en modernisant son image auprès de la cible des utilisateurs Fousquare.
Et il faut bien reconnaître que la visibilité des restaurants Flunch sur l’application est assez exceptionnelle ; plus d’un restaurant sur deux possède un Maire.
Certes, je vous cite le cas d’une grande marque, mais il faut souligner que les campagnes Foursquare sont vraiment de bonnes opportunités pour les boutiques et points de vente, quelle que soit leur taille.
La mise en oeuvre d’une campagne est en effet très rapide…et gratuite !
De plus, il est possible d’avoir une bonne visibilité sur l’application car encore peu d’entreprises mettent en œuvre des campagnes.


3. Créer une page entreprise et publier des conseils sur vos lieux

Enfin, une dernière utilisation pour les entreprises très intéressante : les pages entreprises.
Cette fonctionnalité, peu connue, fonctionne un peu comme les comptes twitter : les utilisateurs peuvent s’y abonner et suivre les pages (comme un utilisateur)
Une page peut partager avec ses abonnés :

– ses conseils :c’est ici que se fait la connexion entre la page et les lieux. Si vous êtes une marque, vous allez, avec votre page, déposer des conseils sur vos différents sites ou points de vente.

Un conseil est visible sur le lieu auquel il a été appliqué, il apparaît en plein écran si l’utilisateur suit la page qui a crée le conseil sur un lieu.
Le conseil peut donc être un excellent outil de recommandation mais aussi de diffusion de contenu (pour des événements par exemple), qui peut être utile pour bon nombre d’entreprises qui disposent de lieux accueillant du public
– ses checkins, photos et commentaires associés au checkin : une page peut checker via le site web foursquare
Pour les entreprises, cela n’est pas forcément utile, mais les pages possèdent un intérêt beaucoup plus marqué pour les personnalités politiques, qui peuvent ainsi informer les militants et sympathisants de leurs déplacements, et publier des photos liés.
La Maison Blanche et l’Élysée ont crée leurs pages, pour permettre aux utilisateurs de suivre les déplacements des présidents américain et français.
Les déplacements sont associés à un commentaire et une photo, devenant ainsi un outil intéressant de storytelling.
L’anatomie d’une page Foursquare  : un bandeau image (860px / 130px), les photos et conseils publiés par la page.
Il est intéressant d’utiliser le bandeau image pour exprimer l’intérêt de suivre votre page : par exemple dans l’exemple de le page de l’Université de Harvard (ci-dessous), le bandeau intègre le texte « Explore Harvard with Foursquare », ce qui montre clairement à l’utilisateur l’intérêt de suivre cette page, en l’occurrence ici d’avoir des informations et des conseils sur les différents lieux du campus.
L’utilisation de Foursquare pour les universités et grandes écoles qui disposent de plusieurs sites peut donc être très intéressante !
Page Foursquare de l'Université de Harvard
Sachez que vous pouvez également publier des conseils sans avoir de page entreprise, avec un simple profil, mais le format « profil » sera moins adapté à une utilisation professionnelle.

En conclusion…

Vous l’aurez compris, il y a plusieurs niveaux d’interventions sur Foursquare pour une entreprise.
Vous avez déjà tout intérêt à revendiquer votre lieu. Ensuite, essayez de définir l’utilité et la manière d’aller plus loin, en fonction des vos objectifs et de vos cibles.
La question des ressources humaines est moins prégnante : globalement, utiliser Foursquare nécessite peu de temps d’animation et de gestion, sauf si vous mettez en oeuvre une campagne majeure comme Flunch.


Si vous avez de bons exemples d’utilisation professionnelle de Foursquare ou des questions, n’hésitez pas à les publier en commentaire !


Ressources :



Jeu Hugo Boss mis en oeuvre via Foursquare


Page d’accueil business de Foursquare


Revendiquer un lieu sur Foursquare :


Créer sa page :

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2012 : vers un web post-social ?

A défaut d’être l’année de l’apocalypse, 2012 marquera t-elle la fin de « la bulle » sociale (je parle de web bien sûr) ?

Les grandes plateformes web de réseau social  sont nées au début des années 2000 : Meetic en 2001, Friendster en 2002, Myspace, Viadéo et LinkedIn en 2003, Facebook, Youtube et Dailymotion en 2005, Twitter en 2006.
10 ans après le début de cette vague, le social imprègne le web, le web transpire le social.
Les grandes plateformes ont atteint des nombres d’utilisateurs exceptionnels, et beaucoup se sont rués sur ce nouvel eldorado : on nous vend du social partout : livres, conférences, blogs, web agencies,…
Chacun se doit de soigner son personal branding, les marques de soigner leur e-réputation :

Les webmasters doivent « socialiser » leur site ; les community managers doivent animer des communautés, tout le monde doit soigner son e-réputation et travailler son personal branding.

Oui, mais…

Les sites web ont-il vraiment besoin d’intégrer des boutons sociaux pour permettre le partage de leur contenu ?


Pas forcément, les utilisateurs des plateformes sociales savent comment partager un article d’un site web sur facebook ou twitter sans avoir recours aux plugins sociaux.
AddThis, qui propose des outils de social plugins, a révélé récemment dans une étude d’une ampleur assez importante ( 5 ans de données sur 1,2 milliard d’individus / mois) que la pratique majoritaire du partage de contenu sur les réseaux sociaux se fait…par copier coller, 10 fois plus fréquemment que par les outils de partage.

De plus, l’intégration de fonctionnalités natives de partage dans les navigateurs web, voire dans les systèmes d’exploitation des terminaux (IOS5 avec twitter) relativise l’impact des boutons sociaux intégrés directement aux sites.
On peut se poser la question suivante : est-ce le rôle des sites web que de proposer des plugins sociaux de partage (je ne parle pas des liens vers les espaces sociaux), ou bien doit-on laisser « cette tâche » aux navigateurs  ou aux systèmes d’exploitation ?
Cela me fait penser à cette mode il y a quelques années d’afficher sur les sites un bouton « ajouter le site aux favoris ». Cette pratique a été ensuite abandonnée, parce qu’il s’agit plus d’une fonctionnalité du navigateur, mais aussi parce qu’elle posait des problèmes ergonomiques et graphiques. Voir mon article à ce sujet.

Les pages et comptes des marques sont-ils vraiment des communautés ?

Non, dans la plupart des cas, parler de « communauté » pour une page facebook ou un compte twitter est galvaudé : avoir des fans ou des followers ne signifie pas avoir une communauté, et animer de tels espaces ne peut être appellé du « community management ».
Une communauté suppose des  « liens d’intérêts, des habitudes communes, des opinions ou des caractères communs” (définition Larousse) ; dans beaucoup de cas, le seul caractère commun est d’être fan ou de suivre une marque, et cet élément  n’est pas suffisant pour faire exister une communauté.
Voir mon article « Pourquoi les community managers ne font pas de community management ? »

Soigner son e-réputation, ne pas parler de sa vie privée… quitte à avoir tous le même profil ?

Certes, il est important de paraître un bon candidat aux yeux d’un recruteur lorsqu’on est à la recherche d’opportunités professionnelles.
Les gourous du personal branding expliquent aux étudiants qu’il ne faut pas publier leurs photos de soirée, verrouiller leur profil facebook, et bien remplir leur CV et développer leur réseau sur Viadéo et LinkedIn.
Mais à force d’écouter ces conseils, n’arrive t’on pas à une standardisation de la présence web, où tous les candidats se ressemblent et ou l’originalité et la personnalité de chacun s’efface sous prétexte qu’il ne faut pas parler de sa vie privée sur le web ?
Voir mon billet « la mauvaise réputation »
Aujourd’hui, certaines  voix commencent à remettre en cause cette pensée unique :  Jeff Jarvis avec son ouvrage « Tout nu sur le web » (Pearson Education – décembre 2011), Jean-Marc Manach avec son ouvrage « La vie privée, un problème de vieux cons » (Fyp Éditions – octobre 2010).

2012, année du post-social ?

Le web social est une réalité. Il a permis et il permet aujourd’hui de créer dans certains contextes des opportunités pour des personnes et des marques qui n’auraient pas été possibles sans.

Mais beaucoup surestiment sa puissance  et son efficacité.

La dernière conférence #leweb11 , grande messe commerciale du web (en fait surtout du web social), à Paris en décembre 2011, avait pour slogan conceptuel et pour vision du web le #solomo, pour social, local, et mobile.

Lors de cette même conférence, George Colony, CEO du cabinet Forrester Research, a avancé un tout autre concept : le « post-social » ou #poso.

Son idée est simple : il y a trop de réseaux sociaux, trop d’espaces d’expressions, comparé à notre capacité d’utilisation.
George Colony reprend en fait le concept de « social media fatigue », qui émerge depuis quelques mois, consolidé par des études montrant une baisse de la contribution et une hausse de la passivité, sur facebook notamment.


Mais alors, que pourrait être ce fameux web post-social ?

Selon George Colony, ce sera un web plus efficace, plus pragmatique, recherchant l’efficacité et une forte valeur ajoutée des services en ligne, la productivité et la rapidité.

Comment cela pourrait se traduire au niveau des grandes plateformes ?
Cela voudrait dire pas forcément moins d’utilisateurs mais moins d’utilisation, ou en tout cas une utilisation plus rationnelle, répondant à un besoin ciblé et occasionnel : je vais sur LinkedIn car je suis à a la recherche d’emploi, je vais sur facebook car je souhaite partager mes photos de vacances avec mes amis, mais je reste moins connecté à ces plateformes de manière permanente.

Path, l’avenir du web social ?

Le web post-social pourrait aussi permettre de nouvelles opportunités et une redistribution des cartes du marché du web social.
Cela pourrait favoriser le développement de plateformes plus simples d’utilisation, avec moins de fonctionnalités, et peut-être moins ouvertes .
Path pourrait parfaitement incarner ce web post-social : une plateforme assez fermée (application mobile Android et IOS, pas de plateforme web),  une vocation à échanger dans un cercle assez étroit (limite d’amis fixée à 150 actuellement) , une simplicité d’utilisation (le design est époustouflant !), et surtout une absence totale de publicité ou de présence de marques.

On imagine que si Path évoluait, ce serait plutôt vers un modèle freemium, tant la présence de marques et de publicité est contraire à l’esprit de cette application.

Ce serait alors une rupture profonde dans le web social, dans la mesure ou la plupart des grandes plateformes dominant actuellement le marché se basent sur le modèle publicitaire et l’irruption des marques dans la sphère privée, pour permettre la gratuité de service à l’utilisateur.

Et sur le plan organisationnel ?

La possible montée en puissance de ce type de plateforme, ajouté à l’éclatement de la bulle du web social, pourrait recentrer les marques vers une utilisation plus rationnelle des réseaux sociaux, ce qui n’est pas forcément le cas aujourd’hui.
Sur le plan organisationnel, cela pourrait se traduire par un amoindrissement du « ‘Community Management » qui deviendrait plus une mission, à défaut d’incarner véritablement une fonction, excepté dans les très grandes entreprises ou dans certains domaines très marqués par la dimension communautaire (enseignement supérieur, sports,…).

Et vous, comment imaginez-vous l’avenir du web ?

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La mauvaise réputation

E-réputation personnelle, personal branding, respect de la vie privée, droit à l’oubli numérique,…
Et si on s’en foutait ?

« Prenez garde, jeunes fous & inconscients ! »

Cela fait maintenant plusieurs années qu’on nous assène de discours moralisateurs avec ces concepts, à coup de billets de blogs, de conférences, d’ouvrages, de cours,…

On nous dit de faire attention aux traces qu’on laisse.
On nous met en garde.
On nous prévient des conséquences à long terme des photos ou tweets que l’on publie aujourd’hui.
On ne doit pas dévoiler sa vie privée.
On nous parle de « personal branding », de e-réputation.
Paraître bien, être « bankable ». Penser à soigner son image, son CV, son pedigree.
Voir mon billet à ce sujet : « Beau sur facebook, intelligent sur twitter »
Être lisse, sans accrocs. Passer pour le gendre parfait, le candidat idéal, toujours, tout le temps.
Ça ne vous fatigue pas ? Moi, si.
Et si vous nous fichiez la paix avec toutes vos mises en garde et vos sermons ?

Personal branding ou obsession narcissique ?

Certes, travailler sur sa marque personnelle (personal branding) est important lorsqu’on recherche un emploi, des opportunités professionnelles ou personnelles.
Mais quand cette attention de soi devient chronique, cela ne génère t-il pas une forme de narcissisme ?
Narcisse était tombé amoureux de son image en contemplant son reflet dans l’eau, aujourd’hui les adeptes du personal branding se contemplent en se googlisant et en suivant au jour le jour leur score Klout.

Il y a à ce sujet un raccourci étrange que beaucoup de « moralisateurs du respect de la vie privée » utilisent : protéger sa vie privée permettrai d’améliorer sa marque, son image.
Ah bon ?
Finalement, ce raccourci se base sur le principe que notre vie privée est gênante, honteuse, dévalorisante.
Sous prétexte d’être attractif sur le web, il faudrait donc se taire, ne rien dire de soi ou de sa vie.
Effectivement, si l’on a un goût prononcé pour les contrefaçons et que l’on  a été condamné pour faux et usages de faux, il est préférable de ne pas trop évoquer ce centre d’intérêt sur facebook si l’on est candidat à un poste au service « Carte nationale d’identité » de la Préfecture.

Mais le mythe du candidat que le recruteur n’embauche pas parce qu’il a vu des « photos de beuverie » (j’adore cette expression) sur facebook me fait sourire.
Oui, cela a du arriver. Mais franchement, est-ce là l’essentiel ?
C’est un peu prendre les recruteurs pour des imbéciles que de faire croire qu’une photo de soirée avec une pinte de bière à la main pourrait faire perdre toutes ses chances à un candidat sérieux, qui possède un CV adéquat au profil recherché.
Un recruteur sélectionne sur un CV, par sur une photo de soirée, non ?
Par ailleurs, sur un CV, on décrit un peu de notre vie privée dans la classique partie « centre d’intérêts », pourquoi faire la même chose sur le web serait gênant ?

La vie n’est plus privée si on la met en scène

Quant-à la vie privée, oui, il faut la défendre, la protéger contre les coups de boutoir de facebook & co, qui l’ébrèchent à chaque mise à jour.
Mais utiliser le terme de « vie privée » sur le médias sociaux est-il toujours pertinent ?
Lorsqu’un autre dévoile une part de ma vie sans mon accord, c’est une atteinte à ma vie privée. Et les outils et les lois doivent nous protéger de cela.
Mais lorsque je publie une photo de moi, que j’écris ce que je suis en train de faire ou ce que je pense, s’agit-il encore de vie privée ?

Non, puisque je fais la démarche de rendre ma vie publique.
Facebook n’est pas un trou de serrure qui nous permet de voir chez les autres à leur insu, c’est une scène de théâtre sur laquelle chacun vient jouer le rôle qu’il a choisi.

Voir mon billet « Facebook flatte le narcissisme et crée l’illusion d’être un people »
Sur les médias sociaux, on ne dévoile pas sa vie privée, on la met en scène.

Finalement, le concept de vie privée tel que nous le connaissons n’est-il pas amené à disparaître, ou en tout cas à être transformé ?

Partager, c’est perdre quelque-chose, c’est prendre un risque

Par ailleurs, quand on parle de médias sociaux, on parle souvent de « partage ».
Quand on partage quelque-chose sur les médias sociaux, on donne un peu de soi aux autres, et on perd aussi quelque-chose (c’est le principe du partage, non ?)
Car on prend toujours un risque en exposant son point de vue ou en parlant de soi.

On se doute qu’on laisse des traces un peu partout.
C’est le revers des médias sociaux ; mais je ne connais aucun outil, processus, système qui ne possède pas d’inconvénients.
Si l’on continue de partager en connaissance de ces risques, cela signifie peut-être que les bénéfices de notre usage sont plus grands que ses risques.

« Ne t’amuses pas trop, jeunesse insouciante, pense d’abord à ton avenir… »

Je n’ai malheureusement pas de chiffres récents à ce sujet, mais j’ai souvent l’impression que beaucoup de moins de 30 ans se foutent souvent de toutes ces questions de vie privée.
Ce qui a le don d’irriter les quadras et quinquas, qui se sentent du coup investis par la mission de prévenir et de mettre en garde tous ces jeunes inconscients qui ne pensent même pas au conséquences de leurs actes.

« Mais vous vous rendez compte que les photos que vous publiez aujourd’hui,  les traces que vous laissez, elle seront encore sur le web dans 20 ans… ».
« Oui…et alors ? »
Qu’une photo de beuverie ou qu’un  échange entre 2 personnes sur le thème « qu’est ce qu’on fait ce soir ? » soit encore en ligne 20 après, au final, qu’est ce que ça change ?
Dans 20 ans, ces photos et ces échanges  seront enfouis au plus profond de la décharge du web.  
Ça vous arrive souvent, vous, de fouiller dans une décharge ?
Les médias sociaux ne connaissent pas l’archivage : par défaut, tout reste en ligne.
Mais rester en ligne signifie t-il rester visible ?
Pas forcément, surtout quand le volume des publications est tellement important qu’un contenu publié est rapidement oublié, noyé et balayé par le tsunami de l’information et son flux incessant de publications.
Et même si Google arrive à fouiller cette décharge, ces informations n’auront plus d’intérêt, car elles seront anachroniques, dépassées, périmées. 

« Vous vous rendez pas compte des conséquences de vos actes dans le futur ? »
Cette mise en garde n’est-elle pas un réflexe de réac’ et de vieux blasés qui ont peur d’un outil qu’ils ne connaissent pas ?

« Prends garde à ce que tu fais aujourd’hui pour préparer ton avenir. »
Penser à l’avenir, toujours à l’avenir. Les psychologues confirmeront, il n’y a rien de plus anxiogène que de penser qu’aux conséquences de nos actes  sans vivre le moment présent.

Certes, le droit à l’oubli numérique doit exister. Mais pourrions-nous aussi envisager un droit à l’insouciance numérique ?

A chaque décennie son sujet anxiogène associé à son discours moralisateur et son injonction d’oublier de profiter du présent pour ne pas compromettre le futur : le SIDA dans les années 90, la terre et l’écologie dans les années 2000…
Cela me fait penser aux mises en garde de notre décennie sur la vie privée…à la différence près qu’avoir une mauvaise réputation n’a jamais tué personne.

Mais les braves gens n’aiment pas que l’on suive une autre route qu’eux…

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Les influglandeurs : pour faire désenfler leurs chevilles, retirez le Klout !

L’imposture commence dès la page d’accueil : « Everyone has Klout », peut-on lire sur la homepage du célèbre et controversé  outil de « mesure d’influence » Klout.
Non, tout le monde n’a pas de Klout : ceux qui ne sont pas utilisateurs de twitter n’ont pas de Klout.
Cela fait déjà un grand nombre de personnes sur Terre (environ 6.1 milliards ).

Pas besoin d’un long discours pour démontrer que Klout est une imposture.
Il suffit simplement :
1. De regarder le top100 des « influenceurs » en France 
2. Puis de lire la définition de l’influence.
« Action, généralement continue, qu’exerce quelque chose sur quelque chose ou sur quelqu’un »
« Ascendant de quelqu’un sur quelqu’un d’autre »
« Pouvoir social et politique de quelqu’un, d’un groupe, qui leur permet d’agir sur le cours des événements, des décisions prises, etc.  »
Dictionnaire Larousse 

Oui c’est sûr, les personnes de ce top100 possèdent un pouvoir social et politique majeur. Ils agissent sur le cours des événements en France. Ils font régulièrement la une de l’actualité. Ils possèdent une notoriété internationale. Les 10 premiers sont même de sérieux candidats au célèbre « person of the year » 2011 du Magazine Time.

Soyons sérieux.
Combien de personnes en France connaissent les « influenceurs » de ce top100 ?
Pas grand monde à vrai dire, à part la communauté des geeks et gens du web / social media, et encore ceux qui ont assez de temps libre pour errer sur les réseaux sociaux…

De la même manière que le nombre de pages vues ou de visiteurs sur votre site ne vous dira jamais si les visiteurs ont aimé votre site ou on trouvé l’information qu’ils recherchaient, Klout ne pourra jamais mesurer l’influence :  Klout compte des clics, des tweets et des retweets ; l’influence ne se comptabilise pas, ça s’appelle de la psychologie.

La dernière Cène

Jésus n’avait que 12 followers, ça ne l’a pas empêché par la suite d’avoir beaucoup d’influence.

 

L’imposture de Klout réside essentiellement dans deux raccourcis :
1- « J’échange avec d’autres, donc je suis influent »
C’est évidemment un raccourci grossier : c’est oublier le concept de « bruit » et la définition de l’influence.
2- Je rediffuse une information, donc j’ai été influencé par cette information
C’est discutable : il m’arrive parfois de retweeter une information qui ne m’intéresse pas mais que je pense qu’elle pourrait intéresser mes followers (c’est le principe de twitter, non ?)
A l’inverse,  je ne vais pas forcément tweeter  ou retweeter un billet qui m’influence réellement.

Klout joue sur la confusion entre intérêt et influence, mais aussi entre partage et influence :
Je peux être intéressé par une information sans qu’elle m’influence.
Je peux partager une publication sans qu’elle m’influence.

Autre critique : pour pouvoir influencer, encore faut-il penser par soi-même.
Si quelques personnes du top100 sont réellement influenceurs dans le sens ou ils font part de leur point de vue et de leur analyse, la plupart ne fait que rediffuser des publications ou écrire des billets qui ne sont que des traductions des billets de mashable et autres techcrunch, billets plus conçus pour flatter le SEO et le nombre de visites que l’intelligence de leurs lecteurs.

Mais si Klout ne mesure pas l’influence, qu’est ce qu’il mesure ?

Klout mesure le niveau d’activité sur les réseaux sociaux, et notamment sur twitter.
Au plus vous tweetez, et notamment au plus vous échangez avec d’autres, au plus votre Klout sera flatté.

Autrement dit, au plus vous avez de temps libre pour errer sur twitter, au plus vous soignerez votre Klout. Facile, non ?

Alors faut-il être un « no-life » pour pouvoir être influenceur ?
Pour Klout, dans un certains sens, oui.
Outre le fait d’être du pain-bénit pour Twitter,  Klout pousse les utilisateurs à passer plus de temps à échanger sur twitter, en promettant le statut d’influent aux personnes les plus actives sur twitter.

Un recruteur me disait récemment avoir fait une grosse erreur dans le recrutement d’un poste de « community manager », en embauchant un « pro » auto-proclamé des réseaux sociaux, un « community manager influent », qui avait certes une bonne maîtrise des réseaux sociaux…mais pour un usage personnel : des milliers de followers, une maîtrise des us et coutumes de twitter certes…

Mais avoir 2000 followers ne signifie pas animer une communauté, et connaître la signification de #WTF #OMG et #Fail n’a jamais été très utile quand on développe la présence d’une marque sur les médias sociaux.

Si le score Klout peut éventuellement être utile pour mesurer le niveau d’activité d’une marque sur twitter (mesurer l’engagement, et non le ROI), espérons qu’il ne sera jamais utilisé dans le recrutement, sinon de telles erreurs de recrutement risquent d’être fréquentes, ce qui sera préjudiciable aux recruteurs comme aux candidats.

Oubliez les études et les diplômes !
Avec Klout, errer et glander sur twitter constitue la voie royale pour devenir influenceur.
Influglandeur..un métier qui va sans doute susciter de nombreuses vocations !

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