Archives de Catégorie: Marketing

LinkedIn se lance dans l’orientation des étudiants et le classement des universités avec « LinkedIn for Education »

« Quel est le métier de vos rêves ? Trouvez l’école parfaite pour l’obtenir. »
Telle est la promesse du nouveau service de LinkedIn : le « Decision Board », lancé en octobre 2014.
S’intégrant en fait dans le programme plus global « LinkedIn for Education », ce nouvel outil révèle l’intention de LinkedIn de devenir un acteur-clé dans le domaine de l’éducation et notamment de l’enseignement supérieur.
Avec LinkedIn, on pouvait déjà entretenir ou développer son réseau et trouver un job.
Aujourd’hui, on peut aussi trouver une école ou une université.
En se développant sur ce nouveau marché, LinkedIn compte séduire les plus jeunes (lycéens, étudiants), encore peu présents sur la plateforme (notamment dans une démarche de recherche d’école), et se positionner comme un partenaire privilégié d’un parcours professionnel, du choix d’études à la mobilité professionnelle tout au long d’une carrière.
Revue de détail.

Présentation de LinkedIn for Education

Accueil Études supérieures   LinkedIn
– Un classement des universités (ranking), en fonction de grands domaines d’activités (actuellement au nombre de 8 : comptables, professionnels des médias,…) pour les USA, le Canada et la Grande-Bretagne. Le top 3 des universités pour chaque domaine est affiché en page d’accueil. Il s’agit ici d’un classement brut, avec peu de possibilités de filtrage, donc peu personnalisable par l’utilisateur. Le déploiement de ce classement dans d’autres pays dont la France est prévu, mais le calendrier n’est pas connu à ce jour.
– University finder : en sélectionnant trois critères (domaine d’études, entreprise dans lequel on souhaite travailler, lieu géographique), LinkedIn nous livre le top des « écoles populaires », triées par ordre décroissant.
Point important : le top est limité aux 30 premières écoles / universités qui répondent aux critères sélectionnés.
– Chercher un domaine d’études : il s’agit ici d’une fonctionnalité sociale qui permet de trouver des personnes qui ont le parcours recherché par le candidat à une école ou une université (Lieu, entreprise et universités d’études).
– Le « decision board »  (ou « page de sélection » en français).
Page de sélection   LinkedIn
Plutôt complexe à appréhender, c’est le coeur du nouveau dispositif, qui permet aux lycéens / étudiants de choisir leur école ou université : en sélectionnant un domaine d’études ou une école / université, l’utilisateur peut voir les autres personnes qui s’intéressent aussi à ces critères ou les anciens (et éventuellement entrer en contact avec eux), ajouter cette sélection à son profil ou le partager à ses contacts, participer à une discussion sur l’école ou le domaine sélectionné avec les autres personnes intéressées.
Pour la sélection d’université, LinkedIn va même jusqu’à donner la possibilité à l’utilisateur de sélectionner l’avancement de sa candidature (« Intéressé », « candidature envoyée », « accepté(e) », « y va »).
Le Decision board peut être privé, mais l’utilisateur peut également faire le choix de partager sa page de sélection.

Les pages écoles, coeur du dispositif

 Université Lumière  Lyon II    LinkedIn
Ces 4 fonctionnalités s’articulent en fait autour des pages écoles. Après avoir généré ces pages à la volée à partie d’août 2013, LinkedIn a ensuite abonné (depuis le début de l’année 2014) par défaut les personnes qui avait renseigné dans leur profil leur(s) université/ école, de telle sorte que les pages écoles possèdent peu de temps après leur lancement une moyenne d’abonnés assez importante.
A noter qu’il existe une distinction entre le fait d’être un ancien et le fait d’être un abonné : une personne peut être un ancien d’une école et peut se désabonner de son flux d’information ; de la même manière une personne qui n’a pas étudié dans une école peut s’y abonner.
C’est ainsi que certaines pages écoles possèdent moins d’abonnés que d’anciens, le delta étant sans doute généré par les personnes s’étant désabonnées de la page école, alors que les écoles et universités à forte notoriété possèdent plus d’abonnés que d’anciens.
Les pages écoles se composent de quatre onglets :
– Une page d’accueil, avec les top domaines et entreprises dans lesquels travaillent les anciens, des informations de contact et un champ de publication : n’importe quel utilisateur peut publier sur cette partie (même un non ancien)
– Personnalités : si l’établissement n’a pas revendiqué sa page école, l’algorithme de LinkedIn identifie des anciens ayant des profils intéressants (CEO, CTO, CFO…). Si l’école ou l’université gère la page, elle peut choisir les anciens à mettre en avant dans cette rubrique, dans une limite de 50 anciens.
– Étudiants et anciens élèves : annuaire des anciens, avec une recherche full text et un tri possible par année d’études
– Recommandation des anciens (il faut certifier avoir étudié dans l’école pour pouvoir faire une recommandation).
Le gestionnaire de la page (il faut au préalable revendiquer la page à partir d’un profil ayant un mail identique au domaine de l’établissement) peut publier des informations aux abonnés de la page.
Fonctionnalité intéressante : il est possible de segmenter les abonnés en créant une cible personnalisée (filtrage géographique, par secteur, par entreprise, par ancienneté, poste, études et formations, langue)
A noter que la page ne peut pas adresser des messages en filtrant les personnes ayant ajouté la page à son décision board.

La recette savante du ranking

Si le decision board met en retrait le classement des universités, l’ensemble du dispositif est tout de même basé sur ce ranking, lui-même basé sur les carrières des anciens, ou du moins ce qu’ils ont saisi dans leur profil LinkedIn.
Plus précisément, LinkedIn va classer les universités et écoles par domaines en fonction des diplômés qui travaillent dans ce même domaine (données limitées aux anciens ayant obtenu leur diplôme depuis 8 ans ou moins) : c’est ce que LinkedIn identifie comme « diplômés pertinents ».
Ensuite, LinkedIn évalue la « désirabilité des entreprises », avec un algorithme qui identifie d’une part l’attractivité des entreprises (si des salariés d’une entreprise A sont ensuite recrutées par une entreprise B, cette dernière entreprise sera plus « désirable » que l’entreprise A) et d’autre part la capacité des entreprises à retenir leurs salariés (critère de durée de l’emploi). Le classement des universités et écoles par domaine est donc calculé en fonction du pourcentage des « diplômés pertinents » ayant obtenu un emploi dans une « entreprise désirable ».
En théorie, cet algorithme semble donc favoriser les écoles et universités spécialisées au détriment des établissements très interdisciplinaires.
Il est également probable, bien que je n’ai pas eu de confirmation, que le nombre de recommandations et de création de decision board intégrant une école rentrent en compte dans le ranking.

Le decision board est-il un outil pertinent pour les étudiants ?

Évidemment, la première question que l’on se pose après le lancement du service est de savoir si les lycéens et étudiants vont utiliser cet outil.
Mais au delà de la communication, cet outil est-il adapté aux lycéens ou étudiants en recherche d’une formation dans le supérieur ?
Coupons court au fantasme du nouvel outil qui ringardise et relègue les anciennes pratiques aux oubliettes.
LinkedIn for education ne fera pas disparaître les conseillers d’orientation, pas plus que les cours en ligne ne tueront les universités ou l’enseignement présentiel : le nouveau service de LinkedIn est simplement un outil qui vient s’ajouter aux autres, et ne remplacera ni les conseils personnalisés d’un professionnel (conseiller d’orientation), ni les discussions et échanges avec des amis ou des proches, ni les portes ouvertes ou salons et tout les éléments qui rentrent en compte dans le choix d’une formation.
Pour autant, LinkedIn rentre en concurrence frontale avec les classements académiques des écoles et universités.
Et sur ce terrain,  LinkedIn a clairement un avantage concurrentiel : les données.
Car le corpus de LinkedIn for education est gigantesque : 300 millions de comptes, mis à jour…par les utilisateurs eux-mêmes.
LinkedIn possède plus de données sur les anciens d’une université qu’elle-même n’aura jamais.

Un « ranking-killer » ?

Il paraît évident que, pour un étudiant, un classement qui prend en compte ce que sont réellement devenus -professionnellement- les anciens d’une école ou université à partir d’une base de données gigantesque apparaît beaucoup plus intéressant et pertinent que des classements académiques prenant en compte des indicateurs quantitatifs finalement très éloignés de ses préoccupations.
En quoi le nombre de publications dans Nature ou Sciences, de médailles fiels ou de prix nobels peut aider un étudiant à trouver une université adaptée à son projet professionnel ?
Les classements académiques, qui prennent en compte essentiellement des critères quantitatifs, utilisent des données déclarées par l’école (salaire moyen, temps d’accès au premier emploi) ou des critères de performances souvent basés sur la quantité de publications scientifiques.
Si le classement de LinkedIn reste du quantitatif, il n’en reste pas moins que les données sur le devenir professionnel des anciens apparaissent très pertinentes, et qu’elles sont de plus saisies par les anciens eux-mêmes.
On retrouve aussi toutes les spécificités du web 2.0, dans lequel on choisit et sélectionne selon les avis de ses pairs.
Sauf qu’il ne s’agit pas ici d’avis, avec une part de subjectivité, mais d’une réalité professionnelle.
L’autre atout, lié également aux données dont LinkedIn dispose, est la capacité de l’outil à connecter l’étudiant qui cherche une formation avec d’autres étudiants intéressés, des étudiants actuels de cette université, des anciens, et même l’établissement en question.

On imagine  aisément que les discussions sur les espaces publics (recommandations sur les pages écoles, commentaires sur les pages de sélection) seront engagées sans doute de manière plus « civilisée » et « inhibée » que sur les forums, les utilisateurs s’exprimant avec leur identité professionnelle, et de plus sous le regard de l’école.
Tout intéressant qu’il soit, le ranking de LinkedIn n’a pourtant rien d’universel, puisque quantitatif et essentiellement basé sur la carrière professionnelle des jeunes diplômés, en partant du principe que rester longtemps dans un poste est un signe de réussite professionnelle, ce qui est, comme n’importe quel critère, discutable .
Le decision board n’est donc pas le nouveau conseiller d’orientation, il est tout simplement un outil qui semble être pertinent si l’on considère le devenir professionnel des étudiants.
Un outil de notre temps, ou les algorithmes, les classements et la recommandation constituent des aides à la décision, dans une époque ou le rationnel importe plus que l’affectif et ou ce qui peut être compté compte parfois plus que ce que nous sommes.

Quels enjeux pour les universités et écoles ?

Dans l’enseignement supérieur, on avait habitude d’entendre dire « LinkedIn c’est pour les anciens ».
Changement de paradigme : LinkedIn, c’est désormais aussi pour les futurs étudiants et le recrutement.
En terme de gestion d’espaces, les pages écoles viennent s’ajouter aux groupes, utilisés pour faire vivre les communautés d’anciens, et les pages entreprises, destinées à une communication pus corporate et recrutement.
Avec les pages écoles, les community managers de l’enseignement supérieur reçoivent donc un troisième espace à animer sur la plateforme LinkedIn, avec toutes les conséquences que cela implique en terme de positionnement éditorial et de temps d’animation.
Si les groupes LinkedIn constituent dans un certaine mesure une concurrence avec les plateformes d’anciens développées par les universités, il n’en reste pas moins que si ces dernières ont énormément de mal à trouver leur place (à part quelques cas exceptionnels), cela est sans doute plus du à des problèmes endogènes (manque de clarté dans les objectifs initiaux) ou exogènes (il est extrêmement difficile de faire s’inscrire et surtout de faire revenir des membres d’une communauté sur un outil dédié si le service rendu n’est pas optimal) , qu’à la présence des groupes LinkedIn.
Les pages écoles ne semblent pour l’heure pas rentrer véritablement en concurrence avec les sites web des universités et écoles, mais plutôt s’ajouter à ses côtés au parcours typique des lycéens et étudiants en recherche de formation, à la fois en tant qu’outil d’acquisition (à l’instar des sites web via le SEO, Admission Post-Bac, les forums, les salons ou la recommandation sociale) et en tant qu’outil de décision (à l’instar des sites web, des portes ouvertes et de la recommandation sociale).

Rent, Own, See ?

Pour reprendre la distinction d’Avinash Kaushik (qui sépare les outils de la communication digitale selon si la marque est propriétaire du support, comme pour le site web, ou locataire, comme pour les pages et espaces des marques sur les réseaux sociaux), les écoles et universités sont évidemment locataires (rent) de cet espace, ce qui signifie qu’elles sont dépendantes des conditions générales de la plateforme LinkedIn, des changements et évolutions du service.
Mais cela n’est pas forcément un problème en soi, à condition toutefois que LinkedIn implique les établissements d’enseignement supérieur (et pas seulement US) dans sa réflexion.
Mon point de vue sur ce sujet est qu’il est parfois plus intéressant d’être locataire dans une maison dans laquelle on peut rencontrer beaucoup de monde (et toucher ses cibles), que propriétaire dans une maison ou l’on est…seul.
Certes, on ne peux pas refaire les sols dans une maison en location, mais est-ce le plus important ?
Il est clair cependant que dans cette tendance d’utiliser des outils « rent« , les marques et les établissements d’enseignement supérieur ne possèdent pas plus les données de leurs cibles (prospects, clients pour les entreprises, futurs-étudiants et anciens pour les universités) qu’elle ne les louent.
Autrement dit, sur les données, ce n’est plus du own, ni du du rent, mais du…see, un modèle dans lequel la marque, l’université ou école n’a que peu de marge de manœuvre sur les espaces qui portent son nom sur les plateformes de réseaux sociaux, exceptée celle de toucher ses cibles par les outils de publications des pages (segmentée dans le cas des pages écoles de LinkedIn). .
Changement d’époque, changement de paradigme…

Quelles bonnes pratiques pour les écoles et universités sur LinkedIn for Education ?

Même si la marge de manœuvre est limitée, les universités et écoles ont tout intérêt à se préoccuper sérieusement de ce nouvel outil ; voici quelques bonnes pratiques à mettre en œuvre :
Les actions permettant d’améliorer le classement de son université :
– Faire en sorte que les étudiants actuels et anciens créent un profil LinkedIn (beaucoup de personnes n’ont pas de profils LinkedIn, surtout en France ou les plus de 40 ans sont très présents sur Viadéo) et renseignent dans leur profil son école / université. Cela permettra d’augmenter le nombre d’anciens sur sa page école, et donc potentiellement améliorer son classement. Cela peut se concrétiser par des ateliers, ce qui est évidemment intéressant pour l’étudiant ou l’ancien (car il peut améliorer ainsi sa présence et son activité sur LinkedIn) et pour l’université (car elle se place dans une perspective pédagogique sur les réseaux sociaux et que cela peut améliorer sa présence sur LinkedIn).
Les actions qui peuvent améliorer l’attractivité et l’image (et peut-être le ranking) : 
– Encourager les recommandations des anciens sur les pages écoles, même si celles-ci ne sont peut-être pas prises en compte par le classement, elles sont sans doute un élément de décision pour les futurs étudiants.
– Encourager les étudiants intéressés par une formation à créer un decision board, ce qui peut augmenter le nombre de personnes intéressées, et donc valoriser l’université. Cela peut se concrétiser par des plugins sur les pages formations des sites web
Attention, encourager ne veut pas dire forcer à la main, le but est simplement de faire savoir aux étudiants la possibilité de ces actions et leur utilité pour eux mais aussi pour leur université.
Les actions de communication et de veille : 
– Bien distinguer et segmenter le positionnement éditorial des trois espaces sur LinkedIn (groupes, pages entreprises et pages écoles) pour délivrer des messages adaptés aux cibles.
– Créer des cibles personnalisées sur sa page école afin de segmenter les messages par cibles (A noter toutefois qu’il n’est pas possible de toucher les personnes qui ont ajouté notre école au decision board, ce qui aurait été fort intéressant)
– Mettre en place une veille sur les positionnements de son école dans les différents classements 
– Mettre en place une veille sur les échanges visibles autour de sa page école (recommandations, commentaires et partages sur les decision board…)

Et après ?

Les questions restent nombreuses quelques temps après le lancement de ce nouveau service :
Doit-on craindre une LinkedIn-dépendance pour les établissements d’enseignement supérieur ?
Il est encore trop tôt pour le dire. Si d’autres fonctionnalités vont certainement se déployer progressivement, LinkedIn ne va certainement pas aller jusqu’à détailler les programmes de formations et proposer l’inscription via LinkedIn.
LinkedIn va t-il offrir aux écoles la possibilité d’engager des actions auprès des étudiants ayant ajouté son école au decision board ?
Cela serait une nouvelle donne tout à fait intéressante dans le recrutement étudiant.
 
Le classement de LinkedIn : prime aux grandes écoles ou revanche des petits établissements  ?
Même si le classement est fonction d’un pourcentage, ce qui devrait favoriser les écoles spécialisées et ne pas défavoriser les petites écoles, les grands établissements arrivent très souvent dans les top positions lorsqu’on teste le decision board.
Mais une chose est sûre : il est beaucoup trop tôt pour s’en faire une idée définitive !

Et vous, que pensez-vous de cette nouveau service ?
Si vous êtes étudiant, comptez-vous utiliser le decision board ?
Si vous travaillez dans l’enseignement supérieur, quel est votre point de vue ? Avez-vous identifié des enjeux – bonnes pratiques ?

2 Commentaires

Classé dans Community Management, Enseignement, Marketing, Réseaux sociaux

Foursquare pour les entreprises : Claim your venue, but don’t feed the Mayor !

Peu d’entreprises françaises utilisent Foursquare.

Certes, la plateforme n’a pas le même impact que facebook ou twitter en terme de nombre d’utilisateurs et de temps d’utilisation.
Pourtant, Foursquare peut s’avérer un excellent outil de création de trafic sur des points de vente et de fidélisation pour certaines entreprises (notamment les boutiques), sur une cible bien spécifique.
D’autre part, il y existe plusieurs niveaux d’utilisations, de la plus basique (et que toute entreprise pourrait mettre en œuvre) à la plus complète (destinée à des secteurs bien spécifiques).
Revue de détails.

Foursquare, c’est quoi ?

Une application mobile de géolocalisation et de jeu, née à New-York en 2009.
Le principe : indiquer à nos amis Foursquare le lieu dans lequel on se trouve, grâce au « chek-in ».
L’utilisateur partage donc le lieu dans lequel il se trouve, avec la possibilité d’associer au checkin un commentaire, une photo ou un conseil.
L’application est disponible sur Iphone, Symbian, Android, Windows mobile, Blackberry, Palm.

A quoi ça sert ?

– Se retrouver avec des amis ou des contacts
– Rencontrer de nouvelles personnes
– Obtenir des conseils sur un lieu ou des offres spéciales dans une boutique
– Jouer ! Foursquare reste avant tout un jeu, et c’est la première raison pour laquelle on utilise foursquare.
La partie « gamification » comporte deux notions : le mayorship et les badges. La personne qui checke le plus à un endroit devient le Maire du lieu (le fameux « mayorship »).
Les utilisateurs peuvent débloquer des badges, liés à des thématiques ou à des événements.
Comme tout réseau social, il est nécessaire d’avoir un minimum de contacts, mais aussi d’activité, pour percevoir l’intérêt de cette application.

Qui utilise Foursquare en France ?

Le nombre d’utilisateurs en France est -à ma connaissance- inconnu, mais une intéressante étude d’octobre 2011 a dressé une typologie des utilisateurs en France : moins de 30 ans, habitant dans les grandes agglomérations, étudiant ou cadre, déjà présent sur d’autres plateformes sociales.
Voir l’étude complète ici : http://enquete-foursquare.ntmy.fr/

Dois-je utiliser Foursquare pour mon entreprise et si oui comment ?

Difficile de répondre par oui ou par non, car il y a plusieurs utilisations de Foursquare pour une entreprise, de la plus basique à la plus complète.
Je vais donc m’efforcer de vous les détailler ici !


1. Revendiquer ses lieux (venues) : toutes les entreprises devraient le faire !

Pour une entreprise, la première utilisation de Foursquare est « revendiquer » son ou ses lieux.
Cette action confère plusieurs avantages :
– Vous « maîtrisez » votre lieu, et vous pouvez modifier ses informations (en cas d’erreur sur l’adresse par exemple)
– Vous avez accès aux statistiques des checkin sur votre lieu
– Si vous voulez aller plus loin en proposant des offres, avoir revendiqué un lieu est la condition préalable.
 
Je pense que toutes les entreprises, y-compris celles qui ne souhaitent pas aller plus loin en proposant  des offres, devraient revendiquer leurs lieux.
Cela prend 5 minutes, ne coûte rien ; cela permet d’avoir une visibilité sur ses lieux, mais aussi peut-être de mieux considérer cet espace d’expression dans la veille sur son entreprise : en effet, les utilisateurs de Foursquare peuvent publier des conseils sur vos lieux, visibles par tous les utilisateurs qui checkent sur le lieu ou dans les alentours : ces publications sont donc à intégrer à votre veille !
Par ailleurs, les statistiques de checkin vous fournissent des informations intéressantes sur les utilisateurs qui ont checké sur vos lieux :
– Nombre de checkin, de nouveaux checkins
– Sexe, tranche d’âge, partage du check-in sur les réseaux sociaux
Attention, il ne faut pas extrapoler cette typologie de cible : elle ne concerne que les utilisateurs de Foursquare, et ne sera donc qu’une partie de vos cibles.
Statistiques des lieux sur Foursquare : possibilité de voir le nombre de checkins, de nouveaux checkins, la répartition par ses, classe d'âge
Pour revendiquer un lieu, Foursquare propose, sur sa version web uniquement, un bouton « claim this venue » (à droite du lieu quand on affiche la page du lieu).
Personnellement, je n’ai jamais réussi à revendiquer un lieu par ce biais.
Je vous conseille plutôt de passer directement par le support, en créant un ticket : http://support.foursquare.com/requests/new
J’ai utilisé cette méthode qui a parfaitement fonctionné, avec une très bonne réactivité de la part du support Foursquare.
Si votre lieu n’existe pas encore sur Foursquare, il faudra bien évidemment le créer, avant de le revendiquer. Tous les utilisateurs peuvent créer des lieux.
Si votre lieu existe en double, vous pouvez en signaler un (idéalement le moins utilisé) comme doublon.


2. Proposer des « specials » : un outil spécifique pour les boutiques et les établissements accueillant du public

Special de l'Opéra de LyonSi toutes les entreprises possèdent un intérêt à revendiquer leurs lieux, l’utilisation des campagnes « specials » constitue au contraire un marché de niche.
Pour faire simple, si votre entreprise possède des points de vente ou des lieux acceuillant du public et que sa (ou une partie de sa) clientèle ou cible est proche du public Foursquare (cf étude), il y a un intérêt.
Si vous travaillez pour une mercerie dans le Cantal ou un site de traitement de déchet nucléaire, l’intérêt est moins évident, mais bon, vous pouvez aussi faire preuve d’audace !
Mais si vous êtes une boutique dans une moyenne ou grande ville, un établissement culturel, une école ou université, vous pouvez tout à fait utiliser Foursquare pour différents objectifs que je vais détailler. 
Une campagne consiste à offrir des avantages (specials) aux personnes qui checkent sur vos lieux, sur une période définie.
Vous avez donc 3 éléments à définir :
1. Quand ?
La durée de la campagne, sa date de début et date de fin. Ce réglage peut aller jusqu’à l’heure, ce qui est intéressant pour des événements particuliers (soldes,…).
1. Quoi ?
Le special, autrement dit l’avantage. Cela peut être :
– une réduction sur un produit, une gamme de produit (menus dans les restaurants) ou sur toute la boutique
– un cadeau, un goodies
– un jeu concours (Hugo Boss a expérimenté cette utilisation)
2. Pour qui ?
Il faut maintenant définir à qui vous allez offrir le special ; c’est là que cela devient intéressant, car vous allez pouvoir adapter le special en fonction de vos objectifs commerciaux (attirer des nouveaux clients ou fidéliser).
– Offrir le special au  Mayor (mayor special) > vous avez une approche qui avantage théoriquement vos meilleurs clients, les plus fidèles.
Le problème : le fait qu’il soit possible sur foursquare de checker sans être vraiment sur un lieu et la course au mayorship qu’il existe sur beaucoup de lieux fait que souvent les mayors…ne sont pas forcément les clients les plus fidèles. Cela est particulièrement vrai pour les lieux de forte notoriété (Grand restaurant, université, lieu culturel majeur,…)
Même si Foursquare a annoncé récemment qu’il allait « destituer » les maires soupçonnés d’être des « serials checkers (ou « serial-tricheurs »), il parait difficille d’éviter cet écueil.
Offrir des avantages au mayor n’est donc sans doute pas la meilleure approche.
 
– Offrir le special aux personnes qui checkent plus de X fois sur une période donnée (loyalty special) > approche fidélité
Dans ce cas, vous avez une approche fidélité, qui encourage les clients à revenir sur votre point de vente ou votre lieu
 – Offrir le special aux personnes qui checkent pour la première fois (newbie special) > approche notoriété et création de trafic
Dans ce dernier cas, vous avez une approche qui permet attirer de nouveaux clients.
Même si un utilisateur ne connait pas votre lieu ou boutique, ce dernier va s’afficher dans la liste des lieux proches avec un badge special orange, bien distinctif et assez rare encore pour être très visible.
Bien évidemment, vous pouvez combiner ces plusieurs approches.
Le meilleur cas d’école en France est la chaîne de restauration Flunch, qui a crée sur Foursquare les lieux des ses 232 restaurants en France, et a combiné les trois approches :
– 1 café offert au 1er checkin
– 50% sur le deuxième plat chaud au bout du 3ème checkin
– Tous les plats à 5 euros pour le Mayor
En proposant ces différentes approches, Flunch travaille à la fois sur la création de nouveau trafic dans ses restaurants, sur la fidélisation, tout en modernisant son image auprès de la cible des utilisateurs Fousquare.
Et il faut bien reconnaître que la visibilité des restaurants Flunch sur l’application est assez exceptionnelle ; plus d’un restaurant sur deux possède un Maire.
Certes, je vous cite le cas d’une grande marque, mais il faut souligner que les campagnes Foursquare sont vraiment de bonnes opportunités pour les boutiques et points de vente, quelle que soit leur taille.
La mise en oeuvre d’une campagne est en effet très rapide…et gratuite !
De plus, il est possible d’avoir une bonne visibilité sur l’application car encore peu d’entreprises mettent en œuvre des campagnes.


3. Créer une page entreprise et publier des conseils sur vos lieux

Enfin, une dernière utilisation pour les entreprises très intéressante : les pages entreprises.
Cette fonctionnalité, peu connue, fonctionne un peu comme les comptes twitter : les utilisateurs peuvent s’y abonner et suivre les pages (comme un utilisateur)
Une page peut partager avec ses abonnés :

– ses conseils :c’est ici que se fait la connexion entre la page et les lieux. Si vous êtes une marque, vous allez, avec votre page, déposer des conseils sur vos différents sites ou points de vente.

Un conseil est visible sur le lieu auquel il a été appliqué, il apparaît en plein écran si l’utilisateur suit la page qui a crée le conseil sur un lieu.
Le conseil peut donc être un excellent outil de recommandation mais aussi de diffusion de contenu (pour des événements par exemple), qui peut être utile pour bon nombre d’entreprises qui disposent de lieux accueillant du public
– ses checkins, photos et commentaires associés au checkin : une page peut checker via le site web foursquare
Pour les entreprises, cela n’est pas forcément utile, mais les pages possèdent un intérêt beaucoup plus marqué pour les personnalités politiques, qui peuvent ainsi informer les militants et sympathisants de leurs déplacements, et publier des photos liés.
La Maison Blanche et l’Élysée ont crée leurs pages, pour permettre aux utilisateurs de suivre les déplacements des présidents américain et français.
Les déplacements sont associés à un commentaire et une photo, devenant ainsi un outil intéressant de storytelling.
L’anatomie d’une page Foursquare  : un bandeau image (860px / 130px), les photos et conseils publiés par la page.
Il est intéressant d’utiliser le bandeau image pour exprimer l’intérêt de suivre votre page : par exemple dans l’exemple de le page de l’Université de Harvard (ci-dessous), le bandeau intègre le texte « Explore Harvard with Foursquare », ce qui montre clairement à l’utilisateur l’intérêt de suivre cette page, en l’occurrence ici d’avoir des informations et des conseils sur les différents lieux du campus.
L’utilisation de Foursquare pour les universités et grandes écoles qui disposent de plusieurs sites peut donc être très intéressante !
Page Foursquare de l'Université de Harvard
Sachez que vous pouvez également publier des conseils sans avoir de page entreprise, avec un simple profil, mais le format « profil » sera moins adapté à une utilisation professionnelle.

En conclusion…

Vous l’aurez compris, il y a plusieurs niveaux d’interventions sur Foursquare pour une entreprise.
Vous avez déjà tout intérêt à revendiquer votre lieu. Ensuite, essayez de définir l’utilité et la manière d’aller plus loin, en fonction des vos objectifs et de vos cibles.
La question des ressources humaines est moins prégnante : globalement, utiliser Foursquare nécessite peu de temps d’animation et de gestion, sauf si vous mettez en oeuvre une campagne majeure comme Flunch.


Si vous avez de bons exemples d’utilisation professionnelle de Foursquare ou des questions, n’hésitez pas à les publier en commentaire !


Ressources :



Jeu Hugo Boss mis en oeuvre via Foursquare


Page d’accueil business de Foursquare


Revendiquer un lieu sur Foursquare :


Créer sa page :

1 commentaire

Classé dans Marketing, Réseaux sociaux, tendances

Les influglandeurs : pour faire désenfler leurs chevilles, retirez le Klout !

L’imposture commence dès la page d’accueil : « Everyone has Klout », peut-on lire sur la homepage du célèbre et controversé  outil de « mesure d’influence » Klout.
Non, tout le monde n’a pas de Klout : ceux qui ne sont pas utilisateurs de twitter n’ont pas de Klout.
Cela fait déjà un grand nombre de personnes sur Terre (environ 6.1 milliards ).

Pas besoin d’un long discours pour démontrer que Klout est une imposture.
Il suffit simplement :
1. De regarder le top100 des « influenceurs » en France 
2. Puis de lire la définition de l’influence.
« Action, généralement continue, qu’exerce quelque chose sur quelque chose ou sur quelqu’un »
« Ascendant de quelqu’un sur quelqu’un d’autre »
« Pouvoir social et politique de quelqu’un, d’un groupe, qui leur permet d’agir sur le cours des événements, des décisions prises, etc.  »
Dictionnaire Larousse 

Oui c’est sûr, les personnes de ce top100 possèdent un pouvoir social et politique majeur. Ils agissent sur le cours des événements en France. Ils font régulièrement la une de l’actualité. Ils possèdent une notoriété internationale. Les 10 premiers sont même de sérieux candidats au célèbre « person of the year » 2011 du Magazine Time.

Soyons sérieux.
Combien de personnes en France connaissent les « influenceurs » de ce top100 ?
Pas grand monde à vrai dire, à part la communauté des geeks et gens du web / social media, et encore ceux qui ont assez de temps libre pour errer sur les réseaux sociaux…

De la même manière que le nombre de pages vues ou de visiteurs sur votre site ne vous dira jamais si les visiteurs ont aimé votre site ou on trouvé l’information qu’ils recherchaient, Klout ne pourra jamais mesurer l’influence :  Klout compte des clics, des tweets et des retweets ; l’influence ne se comptabilise pas, ça s’appelle de la psychologie.

La dernière Cène

Jésus n’avait que 12 followers, ça ne l’a pas empêché par la suite d’avoir beaucoup d’influence.

 

L’imposture de Klout réside essentiellement dans deux raccourcis :
1- « J’échange avec d’autres, donc je suis influent »
C’est évidemment un raccourci grossier : c’est oublier le concept de « bruit » et la définition de l’influence.
2- Je rediffuse une information, donc j’ai été influencé par cette information
C’est discutable : il m’arrive parfois de retweeter une information qui ne m’intéresse pas mais que je pense qu’elle pourrait intéresser mes followers (c’est le principe de twitter, non ?)
A l’inverse,  je ne vais pas forcément tweeter  ou retweeter un billet qui m’influence réellement.

Klout joue sur la confusion entre intérêt et influence, mais aussi entre partage et influence :
Je peux être intéressé par une information sans qu’elle m’influence.
Je peux partager une publication sans qu’elle m’influence.

Autre critique : pour pouvoir influencer, encore faut-il penser par soi-même.
Si quelques personnes du top100 sont réellement influenceurs dans le sens ou ils font part de leur point de vue et de leur analyse, la plupart ne fait que rediffuser des publications ou écrire des billets qui ne sont que des traductions des billets de mashable et autres techcrunch, billets plus conçus pour flatter le SEO et le nombre de visites que l’intelligence de leurs lecteurs.

Mais si Klout ne mesure pas l’influence, qu’est ce qu’il mesure ?

Klout mesure le niveau d’activité sur les réseaux sociaux, et notamment sur twitter.
Au plus vous tweetez, et notamment au plus vous échangez avec d’autres, au plus votre Klout sera flatté.

Autrement dit, au plus vous avez de temps libre pour errer sur twitter, au plus vous soignerez votre Klout. Facile, non ?

Alors faut-il être un « no-life » pour pouvoir être influenceur ?
Pour Klout, dans un certains sens, oui.
Outre le fait d’être du pain-bénit pour Twitter,  Klout pousse les utilisateurs à passer plus de temps à échanger sur twitter, en promettant le statut d’influent aux personnes les plus actives sur twitter.

Un recruteur me disait récemment avoir fait une grosse erreur dans le recrutement d’un poste de « community manager », en embauchant un « pro » auto-proclamé des réseaux sociaux, un « community manager influent », qui avait certes une bonne maîtrise des réseaux sociaux…mais pour un usage personnel : des milliers de followers, une maîtrise des us et coutumes de twitter certes…

Mais avoir 2000 followers ne signifie pas animer une communauté, et connaître la signification de #WTF #OMG et #Fail n’a jamais été très utile quand on développe la présence d’une marque sur les médias sociaux.

Si le score Klout peut éventuellement être utile pour mesurer le niveau d’activité d’une marque sur twitter (mesurer l’engagement, et non le ROI), espérons qu’il ne sera jamais utilisé dans le recrutement, sinon de telles erreurs de recrutement risquent d’être fréquentes, ce qui sera préjudiciable aux recruteurs comme aux candidats.

Oubliez les études et les diplômes !
Avec Klout, errer et glander sur twitter constitue la voie royale pour devenir influenceur.
Influglandeur..un métier qui va sans doute susciter de nombreuses vocations !

1 commentaire

Classé dans Community Management, Marketing, Réseaux sociaux, tendances

Le community manager va t-il disparaître ? (ou ne jamais apparaître ?)

C’est en regardant les pages facebook des compagnies aériennes que l’on peut s’en apercevoir : les interactions entre les fans et la marque se situent non plus seulement  dans les champs …

– de la communication d’entreprise : utilisation de facebook comme média et comme canal d’information
– De l’animation de communauté  : les marques essayent parfois ; même si l’outil est peu adapté à cet objectif (cf article à ce sujet)

…mais aussi dans le champ :
– de la relation client : les clients posent leurs questions directement sur la page, au lieu d’apeller par téléphone le service client. Avantages : c’est gratuit, et c’est plus rapide !
Lire l’article à ce sujet de Bertrand Duperrin, à partir de l’exemple d’Air France KLM Suisse

Or, ces 3 champs concernent des services et fonctions différentes dans l’entreprise :
– communication
– marketing
– relation client

Il apparaît donc que dans beaucoup -surtout de grandes- entreprises, la question qui va se poser est :
Faut-il un community manager, qui centralise les demandes d’informations des clients, qui soit relai en interne, et qui coordonne l’ensemble des activités sur les espaces des réseaux sociaux ?
ou bien …
Faut-il mieux répartir les tâches sur les réseaux sociaux entre services marketing, communication et relations clients ?
Dans ce dernier car, il n’y a pas véritablement de community manager, par qui passe toutes les informations.
Nous serions plus dans une approche transversale que dans une logique de centralisation de l’information par une seule personne dans l’entreprise (le Community Manager).

Si cette seconde approche se développe, ce serait alors la fin des « super community managers », dont l’espérance de vie aurait alors été très faible.
Avec le développement de l’utilisation des réseaux sociaux dans les entreprises, ses enjeux deviennent de plus en plus larges, et impactent donc de plus en plus de services / métiers dans les entreprises.
On le voit bien avec les RSE, Réseaux Sociaux d’entreprise, dont l’enjeu est clairement un enjeu RH, et donc totalement différent d’un enjeu marketing / communication qu’il existe sur facebook ou twitter.
On voit mal comment une seule personne  pourrait agir avec légitimité sur des outils tellement différents.

Finalement, le community management deviendrait alors une mission (attribuée à différentes personnes dans une entreprise) et non une fonction (incarnée par le Community Manager).

2 Commentaires

Classé dans Community Management, Marketing, Réseaux sociaux, tendances

Comment mesurer l’efficacité de la présence des marques sur les réseaux sociaux ? 10 indicateurs-clés pour facebook et twitter

Un grand nombre d’entreprises et d’agences utilisent le nombres d’abonnés comme principal indicateur d’efficacité de la présence d’une marque sur les réseaux sociaux. (lire l’article à ce sujet sur www.mediassociaux.com )

Pourtant, le nombre de fans sur facebook ou le nombre de followers sur twitter ne veut rien dire en lui-même, exactement de la même manière que le nombre de visiteurs / mois sur un site web n’apporte pas grand chose si l’on ne met pas en perspectives ce chiffre.
Certains études montrent également que le nombre de followers sur twitter n’est pas forcément corrélé à la capacité d’influence d’une marque. Voir l’article sur le sujet sur mashable

Alors comment évaluer les actions des entreprises sur les réseaux sociaux ?

Avant tout, il est important de préciser quel est l’objet de l’évaluation. Qu’est ce que l’on cherche à évaluer ?
Il est à mon avis nécessaire de distinguer trois choses :
1. L’efficacité de la présence d’une entreprise sur un espace communautaire
2. L’efficacité de la présence d’une entreprise sur un espace communautaire par rapport à l’investissement engagé (en temps passé)
3. L’efficacité de la promotion de cet espace communautaire sur les autres médias.

En d’autres termes, savoir répondre à 3 questions bien différentes :
1. Est-ce que l’entreprise communique bien à l’intérieur même de sa page facebook ou de son compte twitter ?
2. Est-ce que le retour d’investissement de l’entreprise est positif ?
3. Est-ce que l’entreprise valorise bien sa page facebook ou twitter sur ses autres supports (sites web, print,…) ?

Pour répondre à la première question, il faudra rechercher des indicateurs qualitatifs, témoignant de l’attention, de l’audience, de l’engagement et de la participation.
Pour répondre à la deuxième question, il faudra rechercher des indicateurs de productivité.
Pour répondre à la troisième question, il faudra rechercher des indicateurs plutôt quantitatifs, de taux de conversion.

Voici une proposition d’indicateurs répondant à ces 3 questions.

Indicateur de mesure de l’efficacité de la gestion par l’entreprise de la page twitter / facebook (1ère question)

Nous pouvons trouver plusieurs indicateurs, mais globalement il s’agit d’indicateurs plutôt qualitatifs, témoignant de l’attention, de l’audience, de l’engagement et de la participation.
Il s’agira donc généralement du nombre d’interactions entre les utilisateurs et la marque sur les pages facebook et twitter.

Sur facebook, nous pouvons utiliser le nombre de publications, de commentaires et de « j’aime » de fans sur une période donnée (par semaine ou par mois de préférence,  pour avoir un peu de recul). Mais il faut rapporter ce premier chiffre par le nombre total de fans, afin de mesurer l’implication des fans. Cette pondération est indispensable.

Sur facebook, les indicateurs suivants sont pertinents :
– nombre moyen de publications de fans par semaine, divisé par le nombre total de fans
Cet indicateur permet d’évaluer la participation proactive des fans envers la marque

Exemple :
facebook.com/easyjet : 42 publications de fans sur une semaine / 42 000 fans
facebook.com/airfrance : 46 publications de fans sur une semaine / 42 700 fans
Le rythme de publication est quasiment identique rapporté au nombre de fans : 0.001 publication par semaine par fan.

– nombre moyen de commentaires par publication de la marque, divisé par le nombre total de fans
– nombre moyen de « j’aime » par publication de la marque, divisé par le nombre total de fans
Ces deux indicateurs permettent d’évaluer la participation réactive des fans envers la marque.

– le nombre de visites de la page (chiffre accessible dans le module de statistiques pour les administrateurs de pages).
Ce chiffre indique l’audience des informations publiées sur la page et non de la diffusion (le nombre de fans).
En effet, tous les fans ne liront pas les publications de la marque.

Sur twitter, les indicateurs suivants sont pertinents :
– nombre de @marque (provenant des followers) par tweet
Cet indicateur évalue l’attention et la participation des followers aux publications de la marque

– nombre de @utilisateur (provenant de la marque) par mois
Cet indicateur évalue la capacité de la marque à engager le dialogue et à échanger

– nombre de retweets par tweet
Cet indicateur permet d’évaluer la pertinence du contenu publié en fonction des cibles.
On peut comparer les retweets suite à un tweet avec les retombées presse suite à un Communiqué de presse.

Indicateur de mesure du retour sur investissement (2ème question),

Sur twitter, il est intéressant d’étudier le rapport nombre de followers / nombre de tweets.

Cet indicateur permet de mesurer le retour en terme de diffusion (nombre de followers) de l’engagement et du temps passé par l’entreprise à communiquer (nombre de tweets).

Exemple :
EM Lyon : 777 followers / 322 tweets, soit un rapport de 2.41 follower par tweet
ESCP Europe : 809 followers / 594 tweets, soit un rapport de 1.31 follower par tweet

Interprétation :
L’ESCP Europe possède plus de followers mais par rapport au temps investi (nombre de tweets), l’EM Lyon est plus efficace.

Globalement, on peut classer cet indicateur en trois groupes :
Rapport <1 : nombre de tweets élevé par rapport au nombre de followers (à la diffusion)
La question est : ne faut-il pas moins tweeter ? ou peut-être il est temps d’arrêter la course aux followers…
Rapport de 1 à 3 : bon équilibre
Rapport >3 : beaucoup plus de followers que de tweets.
La question est : ne faut-il pas plus communiquer ? Les followers attendent vos tweets !

Indicateur de l’efficacité du dispositif de promotion (3ème question)

Pour twitter, l’indicateur du nombre de followers paraît judicieux.
Mais Starbucks aura toujours plus de followers que la petit salle de concert du quartier, même si cette dernière est meilleure que starbucks dans la promotion de sa page twitter.
Il est donc indispensable de pondérer le nombre de followers par un critère général exogène à twitter, comme la taille et la notoriété de l’entreprise, comme l’a indiqué @autofeden.
Il n’est pas possible d’avoir un indicateur unique pour toutes les marques, mais comme l’essentiel est de se comparer aux concurrents et que les followers sont des personnes, un critère de pondération intéressant pourrait être le nombre de client (ou par exemple le nombre d’étudiants pour les écoles / universités, merci @autofeden !)

L’indicateur serait donc pour twitter :
– nombre de followers / nombre de clients

Cet indicateur fonctionne aussi sur facebook :
– nombre de fans / nombre de clients

Exemple :
SFR :23725 fans sur facebook / 25 millions clients , ce qui donne 0.0009 fan par client
Bouygues : 18441 fans sur facebook / 10 721 000 clients , ce qui donne 0.001 fan par client

Interprétation :
SFR possède plus de fans mais, rapporté au nombre de clients, Bouygues est meilleur.
Bouygues semble donc disposer d’un meilleur dispositif de promotion de sa page facebook.
Une visite sur les homepages des deux sites confirme cela :
Sur www.sfr.fr, il n’y a pas de lien vers la page facebook depuis la homepage (ou alors il est bien caché…)
Sur www.bouyguestelecom.fr, le lien vers la page facebook est bien visible sur la homepage en haut à droite.

Avec cet indicateur, la comparaison entre deux entreprises concurrents devient donc pertinente, mais seulement pour mesurer l’efficacité du dispositif de promotion de la page facebook ou twitter.

Et vous, quels indicateurs utilisez-vous ?

3 Commentaires

Classé dans Community Management, Marketing, Réseaux sociaux

Les pages facebook sont-elle en train de devenir des mini-sites corporate au détriment de l’aspect communautaire ?

Avec le FBML (Facebook Markup Language), il est possible sur une page facebook de créer de nouveaux onglets et des nouvelles pages qui peuvent afficher à peu près n’importe quoi : texte, liens, images, flash, vidéo, formulaires, applications,…
Leur utilisation de plus en plus fréquente est tout de même un tournant dans l’évolution des fonctionnalités des pages facebook.

Pourquoi ?
Car avec des onglets FBML, les pages facebook deviennent de véritables mini-sites internet.

Exemples avec starbucks http://www.facebook.com/Starbucks
ou SFR en France http://www.facebook.com/SFR

Le développement des pages FBML sur une page facebook transforme l’ergonomie des pages puisque elles engendrent une navigation par onglet, exactement comme sur un site internet.
Conséquence : le « mur », qui était auparavant la base d’une page facebook, est moins visible.

Ce phénomène est amplifié si la « landing page » est une page FBML plutôt que le mur.

Au passage, je ne vois pas l’utilité de créer et d’investir sur une « landing page » avec un beau visuel qui dit « cliquez sur j’aime ». Premièrement car les utilisateurs de facebook ne sont pas idiots, ils savent très bien cliquer sur « j’aime » s’ils souhaitent devenir fan, sans que l’on ai besoin de leur expliquer.
C’est un peu comme si sur une homepage de site web, on écrivait « cliquez sur les menus de navigation ».
Deuxièmement car si l’utilisateur arrive sur une landing page fbml, il aura tendance à moins aller sur le mur.

Or, le mur, contrairement aux onglets FBML, est l’élément de base de la communauté, puisque c’est là ou l’entreprise communique avec ses « fans ».

La première problématique est :
L’utilisation du fbml va t-elle affaiblir l’aspect communautaire des pages facebook ?

C’est fort possible, d’autant plus que les pages possèdent déjà beaucoup de lacunes pour faire véritablement de l’animation de communauté.
Voir mon post à ce sujet.

Paradoxalement, les pages facebook deviendraient alors des mini sites, plus institutionnels et moins communautaires sur une plateforme de réseau social.
Il est de toute manière clair que facebook a intérêt à ce que les entreprises développent du contenu sur leurs pages.

Autre problématique qui se dessine : est-ce que les pages facebook vont devenir le coeur de la stratégie web d’une marque, rôle aujourd’hui détenu par le site web corporate ?
Possible dans certains cas.

Un signe qui confirme bien cette tendance : l’affichage sur des publicités off-line de l’adresse facebook plutôt que du site web en signature.
Exemple : lors du match de foot France-Roumanie samedi dernier, adidas a affiché sur les panneaux publicitaires autour de la pelouse son adresse http://www.facebook.com/adidasfootball plutôt que www.adidas.com/com/football/

Il est de plus en plus fréquent de voir que certains petites entreprises, salles de concert, librairies n’ont pas de site web mais possèdent par contre une page facebook.
L’explication est assez facile : pas de coût de mise en œuvre et de réalisation, un aspect communautaire et de fidélisation qui n’est pas présent sur un site web « de base »,…Tels sont les arguments pour préférer une page facebook à un site web.

Même notre Président confirme cette tendance : cliquez sur http://www.sarkozy.fr
Comme vous le constatez, le nom de domaine ne dirige pas vers un site web mais…sur la page facebook de N. Sarkozy.

Alors les pages facebook cannibalisent-elles les sites web ?

Dans beaucoup de cas, les deux ont leur importance et sont complémentaires.

En fait, tout dépend de la stratégie web déployée par la marque.
Il faut juste avoir à l’esprit qu’une page facebook ne sera jamais une grande source de trafic vers le site web corporate et inversement, car les deux logiques sont totalement différentes.

C’est sans doute une des raisons qui explique que les sites corporate ont de manière générale moins d’audience qu’il y a quelques années.
Voir un article intéressant à ce sujet sur le blog Internet & Opinion.

En tout cas, si le nombre et l’audience des pages facebook venaient à prendre de l’ampleur, cela confirmerait l’hypothèse de Chris Anderson, rédacteur en chef du magazine Wired, qui a récemment annoncé « the web is dead ».
Voir mon article à ce sujet.

A suivre !

1 commentaire

Classé dans Community Management, Ergonomie, Marketing, Réseaux sociaux, tendances

Facebook places : la confidentialité sacrifiée sur l’autel de la publicité ?

A l’occasion du lancement de facebook places, outil de géolocalisation, Facebook a beaucoup communiqué sur la confidentialité.
Pourtant, encore une fois, le procédé est douteux : Facebook annonce que le réglage de confidentialité est paramétrable.
Le problème est que, par défaut, les paramètres permettent le partage de la position des utilisateurs, via l’application Iphone et via l’interface touch.facebook.com .
Dans les paramètres de confidentialité, deux nouveaux réglages (dont un caché) ont donc fait leur apparition :

Le réglage « Lieux dans lesquels j’indique me trouver » est par défaut ouvert à tous mes amis.
Le deuxième réglage « M’inclure dans la liste des personnes présentes – Les amis et personnes qui ont indiqué se trouver à proximité peuvent voir cela » est aussi activé par défaut.
Autre problème : ce réglage est caché et est visible qu’en mode modification.

Nous sommes donc dans un système d’opt-out actif, ce qui est assez gênant pour la confidentialité, surtout quand on sait que 30% des 15-24 ans ne gèrent pas les paramètres de confidentialité.
Certes, les utilisateurs de facebook sont souvent dans une logique de représentation, de théatralisation de leur vie privée.
Mais avec l’outil de géolocalisation par défaut et vu le nombre d’utilisateurs de facebook (500 millions d’utilisateurs, ce qui fait quand même 1 humain sur 13 sur la planète !), cela va créer forcément de nombreux problèmes.
On imagine facilement des histoires rocambolesques dont la presse se fera sans aucun doute les choux gras :
Une femme qui découvre avec facebook places que son mari n’est pas en séminaire management à Toulouse mais au resto dans une autre ville; avec qui ? Sa maîtresse pardi !
Un patron qui s’aperçoit que son employé n’est pas en déplacement chez un client mais au café des sports d’en bas.
Mais ce type d’exemple est peu significatif des enjeux de ce nouvel outil . Car nul doute que ceux qui doivent faire attention à leur confidentialité sur les réseaux sociaux sauront changer leurs paramètres.

Certains disent que la menace du respect de la vie privée existait bien avant les réseaux sociaux, avec les téléphones portables, la vidéosurveillance et les paiements par carte bleue.
C’est vrai, mais pas à cette ampleur.

La problématique est finalement de savoir qui a accès à des informations d’ordre privé.

Avec la géolocalisation, qui a accès à ma position ?
Avec un téléphone portable, on va dire qu’en théorie, notre opérateur peut nous localiser en temps réel.
Et après ? A part si l’on fait l’objet d’une enquête policière, l’utilité n’est pas très grande.
Idem pour la vidéosurveillance. Idem avec les paiements par carte bleue, même si ce n’est pas du temps réel.

Ce qui est nouveau avec la géolocalisation sur les réseaux sociaux et notamment facebook places,
c’est qu’un utilisateur de facebook peut, sans aucune action de sa part ni sans avoir la volonté de le faire, communiquer sa position actuelle à un très grand nombre de personnes.

En fait, les enjeux dépendent de la façon dont facebook agira :
Il faut espérer que lorsque facebook places sera disponible en France, facebook informera tous les utilisateurs avec un message à l’ouverture de session annonçant le nouveau service et la possibilité de modifier ses paramètres de confidentialité.
Si tel est le cas, l’outil aura une utilité limitée car la plupart des gens désactiveront sans doute la géolocalisation : facebook places sera utile pour ceux qui souhaitent faire des rencontres par exemple.

Mais si facebook reste sur le mode de l’opt-out actif, il y aura un très grand nombre d’utilisateurs géolocalisés.
Dans ce cas les conséquences seront majeures :

Pour les entreprises, ce sera un formidable outil commercial (favorisant par exemple l’achat compulsif), y compris pour les commerces de proximité qui sont pour l’instant moins actifs sur les réseaux sociaux que les grandes marques.

Il est donc clair que l’enjeu publicitaire et donc financier est tel pour facebook que le réseau social devrait « pousser » le service auprès des utilisateurs.

Poster un commentaire

Classé dans Community Management, Marketing, Réseaux sociaux, tendances