Beau sur facebook, intelligent sur twitter : devons-nous apprendre à être toujours le même, toujours meilleur ?

Sur les réseaux sociaux, comme dans la vie de manière générale, on affiche l’image qu’on souhaite projeter, plus que ce que l’on est réellement.

Erving Goffman, luinguiste américain et représentant de « l’école de Palo Alto  » ( ou école de Chigaco) avait appelé cela le processus d’idéalisation : on essaye de se montrer un peu meilleur (aux yeux des autres, mais aussi à ses propres yeux) que ce que l’on est en réalité.

Plus beaux sur facebook…

Sur facebook, réseau social utilisé « à des fins personnelles », cette idéalisation est  essentiellement incarnée par l’image physique ; c’est donc la beauté qui est souvent recherchée et affichée.
La photo d’utilisateur est donc essentielle : sur facebook, on doit être beau, et on choisit la photo la plus avantageuse -ou la plus retouchée- comme représentation de soi.
Tout le monde ou presque est beau sur facebook ; la réalité est souvent bien différente…
Il nous est tous arrivé de constater avec surprise ce décalage en voyant pour la première fois de visu une personne  dont nous ne connaissions que sa photo de profil facebook, un peu comme on dit « il est beaucoup mieux à la télé qu’en vrai ».
Chose intéressante, souvent les personnes ayant une beauté très largement reconnue ne la mettent pas en valeur sur leur photo de profil.

Plus intelligents sur twitter…

Sur twitter, réseau social centré sur l’information, cette idéalisation est incarnée par l‘intellect ; ce sont donc la biographie et le pedigree qui sont importants.

Si l’ on prête attention aux biographies, on ne compte plus les « experts », « conférenciers », « CEO » et autres « Co-founder ».
Sur twitter, il y a plus de « conférenciers » que d’auditeurs, d’ « experts » que de novices, de « CEO » que de salariés, de « Community Managers » que de membres de communautés, de « Consultants » que de consultés….

Exemple intéressant (décidément…), dans certains cas l’avatar, censé exprimer une idéalisation par le physique (puisqu’il s’agit en général d’une photo de soi), exprime non pas l’idéalisation de la beauté mais l’idéalisation de l’intellect par l’image :  on voit souvent des experts ou consultants qui choisissent un avatar avec une photo sur laquelle ils ont un micro à la main, ou sont derrière un pupitre de conférence.
L’intelligence et la reconnaissance des leurs pairs (« je suis reconnu car je donne des conférences ») sont exprimées visuellement.

Conformisme et consensualisme?

Le processus d’idéalisation s’accompagne sur twitter d’un important phénomène de conformisme, dans lequel les utilisateurs essayent de ressembler à leurs pairs : nous nous décrivons de la même façon avec les même mots dans les biographies, nous suivons naturellement les comptes qui parlent de la même chose que nous, nous tweetons et reteweetons inlassablement les mêmes contenus, jusqu’à saturer les timelines de contenus identiques.
Malgré la diversité des sources et des émetteurs sur twitter, il est parfois étonnant de constater le conformisme des informations publiées, favorisant ce que Noam Chomsky appelait la « fabrication du consentement » dans la presse traditionnelle.

Ainsi, le non-conformisme (qui n’est pas forcément anti-conformisme) est souvent malvenu et mal accepté, les personnes ne participant pas à ce conformisme étant taxés de « trolls« , étiquette qui écarte et exclut d’office d’un échange ou d’une communauté celui qui a osé dire ou surtout contredire.

Un seul profil pour une multitude de rôles sociaux…

Mais  l’idéalisation est sans doute inhérente à un groupe social, alors qu’est ce que facebook ou twitter changent à cela ?

La différence est certainement dans la permanence de l’idéalisation et l’unicité de la représentation de soi : nous n’avons qu’un profil facebook, qu’un compte twitter pour une multitude d’interactions.
Dans nos interactions offline (certains disent « In Real life » mais je n’aime pas ce terme car le web, c’est aussi la vie réelle !), nous adoptons souvent une posture et un  comportement différents selon avec qui l’on se trouve.
« Un Homme a autant de « soi sociaux » qu’il y a de groupes distincts de personnes dont l’opinion lui importe », écrivait en 1890 le philosophe William James, bien avant l’école de Chigaco.

Sur facebook et surtout sur twitter, cela est tout simplement impossible : nous ne pouvons pas avoir plusieurs soi sociaux, puisque nous n’avons qu’un profil, et que lorqu’on publie ou échange, tout le monde sur twitter ou tous ses contacts sur facebook sont spectateurs de cette interaction.

Alors, devons-nous apprendre à être toujours le même et toujours meilleur ?

La création de listes d’amis sur facebook et la possibilité de paramétrer la diffusion de nos informations par groupes d’amis confirme bien qu’il nous est difficile d’avoir un seul rôle dans nos interactions sociales.
Twitter ne propose par contre aucune fonction allant dans ce sens, peut-être dans les prochaines évolutions ?

Il y a sans doute ici une question essentielle : va-t-on apprendre à fusionner nos rôles sociaux grâce aux réseaux sociaux, ou bien ces derniers vont-ils s’adapter à nous, en proposant une segmentation des échanges et interactions, comme dans la vie offline ?

A suivre…

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10 Commentaires

Classé dans Réseaux sociaux, Recherche, Théories de l'information et de la communication

10 réponses à “Beau sur facebook, intelligent sur twitter : devons-nous apprendre à être toujours le même, toujours meilleur ?

  1. Très bon article, en plus appuyé par des théories de la communication plus anciennes ça fait du bien !!! Il aurait aussi été intéressant d’évoquer l’autocensure, que l’on pratique peu sur Facebook, assez sur Twitter et beaucoup sur Viadéo et LinkedIn. Car comme on a des contacts pro sur ces réseaux, on ose assez peu dévoiler ses opinions, de peur de passer à leurs yeux pour un extrémiste, ou effectivement un troll. C’est aussi pour cela qu’une page Facebook est beaucoup plus difficile à gérer pour une entreprise qu’un compte Twitter. Bonne continuation !

    • Bonjour et merci de ta contribution !
      Je cite les anciens auteurs car je ne connais pas trop les nouveaux 😉
      Sur l’autocensure, c’est intéressant car justement Goffman disait que dans l’idéalisation, les individus dissimulent certaines attitudes ou comportements pour justement avoir une posture crédible aux yeux des autres : on peut rapprocher cela de ce que tu décris sur les réseaux socio pro avec l’autocensure.
      Sur viadéo et Linkedin, nos contacts sont pro donc on adopte la posture que l’on a boulot ; on évite de dévoiler ses opinions politiques par exemple ou d’évoquer des sujets trop intimes ; à la limite cela ne change pas trop de la vie offline (coupure travail / vie perso).
      Twitter n’est au contraire pas segmenté : contacts perso et pro ; Facebook était au début très perso, aujourd’hui on a de plus de contacts professionnels ; et là ça devient plus difficile pour soi mais aussi comme tu dis pour les marques…
      C’est vrai qu’on a jamais vu un badbuzz exploser sur Viadéo !

      Au plaisir d’échanger et bonne continuation à toi aussi !
      Sylvain

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  4. Alexis

    C’est très intéressant cet article: ce qui me marque le + c’est la question centrale de savoir si on est voué à fondre tous nos sois en un seul !

    Ce que j’en pense là à chaud, c’est que dans la vie offline, on aura beau avoir plusieurs sois, au final on sera une seule personne: avec une seule identité (« je suis Alexis Truc »). Et avoir une seule identité, on a besoin de ça, on a besoin de « savoir qui on est ».
    L’avantage du offline, c’est que c’est nous qui portons l’information à notre interlocuteur > il est donc facile de cloisonner nos différentes facettes et d’avoir N postures selon les gens, tout en restant malgré tout nous-mêmes.

    Online par contre, il est impossible de cloisonner, car l’interlocuteur a tout loisir de s’informer par lui-même à notre sujet. On est absolument pas certain de ce que des inconnus peuvent trouver à notre sujet.
    Du coup si on veut cloisonner, on doit devenir « extrémiste » : soit on n’affiche pas du tout son nom, soit on l’affiche ici mais pas là-bas, on cherche des pseudos, … mais ça c’est contraire à notre besoin d’avoir une seule identité. D’être reconnu pour « qui on est vraiment ».

    Ainsi, être « extrémiste » comme ça, ce n’est pas une situation tenable. Si par exemple sur internet j’ai à la fois envie de faire de la musique débile, et envie de nouer des contacts professionnels pour mon taf « sérieux », ba au début je vais tenter d’avoir plusieurs identités en ligne, mais à la fin je vais peut-être en avoir marre.

    Alors que si internet n’existait pas: ba j’irai faire de la musique dans un club ou autre, et puis le lendemain matin j’irai au travail: suffirait que je ne livre pas d’infos croisées à mes interlocuteurs, et hop, je pourrais être sérieux d’un côté et fou de l’autre.

    Le problème, c’est que internet existe. Et de ce fait, nous devenons inexorablement des personnes exposées. N’importe qui peut savoir n’importe quoi sur nous si on commence ne serait-ce qu’un petit peu à éparpiller un peu de nous-même sur le net. Et cette exposition est IRREVERSIBLE, quoi qu’on puisse dire, c’est un fait ! Nous somme dans une époque où le monde découvre tout ça, et où nous ne sommes pas protégés. Quoiqu’en disent les lois, les jeux de pouvoir et d’information dans notre société sont tels qu’il est impossible de nous « effacer » du net.

    Mais en fait je suis persuadé que l’humain se prend à ce petit jeu. Parce qu’il y aurait une réelle volonté de sa part qu’on le reconnaisse LUI, qu’on reconnaisse son SOI, qu’on respecte et reconnaisse ce « qui il est ».
    Et ce dans tous les domaines:
    – nous sommes dans l’ère du client roi: « il faut que cette entreprise satisfasse MES besoins » > il suffit de regarder la moindre pub pour comprendre que les marques touchent sans arrêt à notre « soi » au sens de Jung ( http://fr.wikipedia.org/wiki/Soi_(psychologie) )
    – le salarié veut de plus en plus qu’on écoute SES besoins: « mon chef ne veut pas ME récompenser, alors que JE le mérite »
    – on se prend de + en + pour des stars, on veut être UNIQUE: quand je regarde les gens dans la rue, je vois la mode, et voilà ce que je ressens. – pi même, quand j’étais petit, j’avais pas de portable et je portai un jogging pourri. Maintenant les mioches de 8 ans ils mettent du gel et ils sont fashion.
    – ou encore, on dirait que les gens veulent de + en + être connu en faisant de la musique, en faisant des vidéos, en faisant un buzz, …

    Le point commun dans tout ça ? C’est à mon avis le zapping: le monde est devenu tellement incertain, tellement instable, que l’humain s’est adapté: il est devenu zappeur. C’est la génération Y, c’est la génération future:
    – mon boulot me plait pas ? je zappe car JE suis pas fait pour ça, tant pis si le marché du travail est morose, je finirai bien par trouver
    – mon employé me plait pas ? je zappe, car je trouverai bien quelqu’un pour le remplacer de toute manière
    – mes vêtements me plaisent pas ? je lis des magazines de mode, et je zappe en allant chez H&M acheter de la came que je zapperai dans 3 mois
    – mon meuble me plait pas ? grâce à IKEA et tous ses sosies, je zappe; fini l’armoire centenaire de mémé !
    – j’aime plus trop le salami, jpréfère le taboulé ? je vais au supermarché, et je zappe en m’achetant tous les ingrédients qui sont bon pour MOI, comme c’est dit sur mangerbouger.fr où ils veulent MON bien
    – ça va plus avec ma copine ? de toute façon elle pas assez bien pour MOI (largueur) / trop bien pour MOI (largué)
    – j’aime plus ma voiture ? pas de souci, BMW veut ME donner de la joie, ou bien Volkswagen essaie de parler à mon enfant intérieur à qui il faut faire plaisir
    – …

    Mon avis c’est que l’humain devient zappeur, infidèle et de plus en plus centré sur lui-même, et que c’est pour cette raison qu’on va plutôt fusionner nos « sois sociaux » > parce qu’on en a rien à branler d’avoir à faire le beau devant notre patron. Car qu’il soit déçu ou pas, on est même pas sûr de travailler encore pour lui à court terme. Que nos amis branchés soient déçus ou pas qu’on fasse des chansons sur le caca, on est même pas sûr qu’on les verra encore dans 3 mois quand ils auront voulu ou dû déménager loin.

    Au final ce « recentrage » est un premier signe d’adaptation à ce monde de plus en plus incertain. Et cette faculté adaptation, elle est expérimentée sur internet, qui est certainement l’outil le plus incertain qui soit: à ce titre, c’est un super laboratoire pour nous tester.
    Et pour tester notre patron et nos amis branchés aussi: qui nous dit qu’en fait ils seront pas plus tolérants que ce qu’on veut bien croire ?

    En bref: je crois que les humains du futur seront de plus en plus individués au sens de Jung, c’est-à-dire de plus en plus conscient de leur individualité profonde, de leur singularité.
    Et peut-être aussi de plus en plus tolérants entre eux.
    Inch’allah.

    • Bonjour Alexis et merci pour faire partager ta réflexion très riche,

      C’est intéressant en tout cas quand tu dis que nous avons un intérêt à fusionner nos « moi-sociaux ».
      Par ailleurs, il est vrai que nous avons de plus en plus tendance à nous singulariser, à tel point que ça devient aujourd’hui presque un impératif qui résonne comme un slogan publicitaire : « Be yourself ».
      Ta conclusion m’interpelle : tu penses qu’en étant conscient de notre singularité, cela nous permet d’être plus tolérants les uns les autres ?
      C’est possible, mais la conscience de notre singularité peut aussi peut-être accompagner un repli individualiste ?
      Mais bon, sur de telles considérations, je préfère ta version, elle est plus optimiste !

      Au plaisir d’échanger,
      Sylvain

      • Alexis

        « Ta conclusion m’interpelle : tu penses qu’en étant conscient de notre singularité, cela nous permet d’être plus tolérants les uns les autres ?
        C’est possible, mais la conscience de notre singularité peut aussi peut-être accompagner un repli individualiste ? »

        Tu as parfaitement raison, et c’est justement là que j’ai une grosse interrogation: est-ce que devenir de plus en plus conscients de sa propre singularité ne s’accompagne pas d’une prise de conscience de la singularité des autres ?
        « Si je veux qu’on comprenne, accepte et respecte mon « soi », ne dois-je pas moi aussi comprendre, accepter et respecter le « soi » des autres ? »

        Comme dit ailleurs dans un autre article à propos de la réputation par exemple: « et si on s’en foutait ? » > mais s’en foutre dans les deux sens. Je m’en fous d’avoir l’air bien, mais mon patron s’en fout aussi que j’aie l’air bien. Parce qu’il sait très bien que je serai jamais parfait. Il veut surtout que je sois sympa ! Aucun chef n’a envie de bosser avec des têtes de lard.

        Aussi, à l’heure actuelle, j’ai l’impression que si on a peur de se faire mal voir sur internet par des potentiels employeurs ou autres « fantômes pseudo-décisifs dans notre quête de certitude », c’est peut-être parce que l’on est dans une confrontation de générations ? En général, un chef, c’est plus vieux que nous, c’est comme ça, c’est la vie (un peu fataliste ce que je dis là, mais pour moi c’est ça la tendance).
        Du coup, cf des études sur l’image des jeunes dans la société:
        http://www.fetedessolidarites.org/index.php?page=en_obs_presentation2011

        La vérité de mon point de vue, c’est que les jeunes d’aujourd’hui sont nés dans un monde perpétuellement en crise post 1973, toujours en mouvement, avec en particulier des avancées technologiques ultra-exponentielles qui bouleversent les schémas de vie traditionnels.
        Alors ces jeunes, ils s’adaptent mieux que les générations précédentes > et notamment, par rapport à ce qu’on s’est dit précédemment, cela les amène à être plus à même de fusionner leurs « sois sociaux » > alors que les plus vieux sont plus lents dans cette démarche qui serait pourtant inexorable.

        Vu autrement, les plus vieux commencent à peine à bien manier le net comme un outil utile « en + de la vraie vie », là où les plus jeunes le manient depuis tellement longtemps qu’ils en ont fait une « continuité de leur vraie vie » sans plus de cloison entre ce qui est « pour de vrai » et ce qui est « pour du beurre ».

        Aussi, les plus vieux, plus ils comprennent, et moins ils ont peur, et moins ils rejettent. Càd que plus le « fantôme pseudo-décisif » sera lui-même dans notre situation (= exposé et présent online), et plus il sera compréhensif s’il voit une photo de nous en slip dans la forêt, parce que peut-être qu’il aura de son côté laissé fuiter des photos de lui à poil sur la plage.

        A mon avis, c’est une question de ré-équilibrage entre générations, quoi: actuellement y a un décalage, mais celui-ci s’atténue peu à peu, car tout le monde, y compris les plus vieux, commence à comprendre qu’internet c’est pas le grand inconnu qui fait peur comme on nous le présentait y a 10 ans > c’est juste un outil, et comme tout outil, ba s’en servir, ça s’apprend ! Et ça c’est très rassurant pour tous 🙂

      • 100% d’accord avec ton analyse : le web n’est qu’un outil, et il existe bien un problème générationnel dans lequel les moins jeunes ont peur de quelque-chose qu’ils ne perçoivent justement pas comme un outil : ils considèrent toutes ces nouvelles technologies comme un « monde virtuel », quelque chose « d’à part », à côté et en décalage de la « vraie vie ». (d’où l’utilisation de ces termes qui nous paraissent étranges : virtuel / réel)
        Alors qu’il s’agit bien d’une réalité !
        Tu as raison, cette problématique disparaîtra très certainement progressivement.
        Mais il restera beaucoup d’autres questions, comme celle de nos soi-sociaux 🙂
        Heureusement, ça nous donnera encore l’occasion d’en discuter !

        Au plaisir,

        Sylvain

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